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LE BLOG DU CAC-FORMATIONS

Travail adapté chez nos voisins Belges..reportage

13 Septembre 2013 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

La Ferme "Nos Pilifs" est l'exemple de ce que devrait être une entreprise de travail adaptée pour les personnes déficientes. C'est pourquoi, par l'entremise de la Fondation Lou, nous vous proposons ce reportage,chez nos voisins Belges...

posté par Katerina Bruxelles que nous remercions.

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Formations spécialisées des ouvriers ESAT et prises en charges...

6 Septembre 2013 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Une nouvelle population sur les établissements de travail protégé, est arrivée sur les établissements depuis quelques années,avec des attentes,besoins de prise sen charges..

Ce sont de nouveaux usagers très jeunes, avec un parcours scolaire difficile, irrégulier. Ils peuvent avoir une absence de formation professionnelle, et même avoir un vécu d’errance sociale en lien avec la précarité et une absence de vie en institution. Certains ont fait des tentatives plus ou moins fructueuses de travail en milieu ordinaire qu’ils ont dû abandonner pour raison de santé ou d’impossibilité de s’adapter aux contraintes de cet environnement.
Parmi ces nouvelles recrues, les professionnels constatent une présence accrue de personnes avec des handicaps psychiques, des maladies mentales plus ou moins graves et une déficience intellectuelle légère.
Certains d’entre eux ont à faire à l’alcoolisme, le tabagisme et / ou diverses formes de toxicomanies…

Comment approfondir l’observation des ouvriers en ESAT pour mieux accompagner leur projet individualisé ?
Pour les plus jeunes, la notion de handicap « leur tombe sur la tête », lorsqu’ils sortent du milieu scolaire ordinaire. De ce fait, leur accompagnement en institution avec ses contraintes, ses rythmes et la vie en collectivité, pose de multiples questions. Ils sont souvent capables d’accomplir le travail qui leur est proposé sur le plan cognitif sans pour autant pouvoir aller au bout d’une tâche.
Parallèlement, la transformation progressive des exigences par rapport au travail présenté aux ouvriers des ESAT peut engendrer divers comportements de la part des éducateurs techniques. (Il s’agit notamment des prestations de service en relation directe avec les clients comme la restauration ou la blanchisserie qui sont astreintes à des horaires très rigoureux de livraison par exemple.)
Face à ces contraintes, on observe diverses possibilités :
Certains ouvriers habitués à une tâche l’accomplissent fort bien mais peut-être au détriment d’une ouverture sur d’autres tâches accessibles à leurs capacités mais qui exigerait de la part des moniteurs un temps d’apprentissage au détriment du rendement.

Il arrive aussi que des moniteurs d’atelier s’appuient sur les ouvriers particulièrement fiables : certains d’entre eux pourraient parfois être intégrés en milieu ordinaire du fait de leurs capacités acquises en ESAT justement, mais ils peuvent y être maintenus comme des « aides éducateurs».
En outre, il arrive que des professionnels soient contraints de terminer eux-mêmes une tâche du fait de l’instabilité, de l’absentéisme, de la lenteur ou de la maladresse de certains ouvriers qui de ce fait perturbent le fonctionnement d’un atelier. Les éducateurs, en terminant eux-mêmes une tâche, ne risquent-ils pas de délaisser momentanément ces ouvriers en difficulté et qui auraient justement besoin d’une aide individualisée spécialement ce jour là ?

Dans le terme « transfert » il y a la notion de « déplacement » d’une personne à une autre. Le transfert, dans le travail social, est l’ensemble des liens affectifs qui s’élaborent entre les usagers et les professionnels. Il se manifeste dans le rapport avec quelqu’un à qui l’on parle. Il est inconscient, ambivalent comme tout attachement affectif. Il reflète les positions affectives que le sujet avait établies avec ses parents, sa famille, ou les personnes qui se sont occupées de lui dans son enfance. A son insu, il reproduit les mêmes comportements affectifs vis à vis des professionnels, de manière répétitive. Par exemple, s’il a été maltraité ou s’il a eu le sentiment d’être abandonné, il va tout faire inconsciemment pour l’être à nouveau.
En effet, dans le transfert, il arrive qu’un sujet répète quelque chose qui a trait à une sorte de « jouissance » inconsciente pathologique, incontrôlable, qu’il peut supporter très longtemps bien que, paradoxalement, ce soit douloureux pour lui. Il rejoue ainsi tous les modes possibles des positions affectives du passé, des souffrances, des frustrations, des inhibitions, des passions, dans lesquelles il semble « pris » depuis toujours.
La relation qui s’établit avec un professionnel est bien une répétition du passé mais avec un déplacement car il s’agit là d’une nouvelle relation, avec une nouvelle personne mais avec des liens affectifs véritables et toute leur complexité, que le sujet s’efforce de maintenir à tout prix.
Les relations avec des professionnels peuvent être créatrices et avoir des effets thérapeutiques s’ils adoptent une réponse différente à ces manières d’être qui appartiennent au passé pour l’usager.

Comment gérer ces affects que provoquent les usagers chez les professionnels ?
Que faire des phénomènes d’usure fréquents chez les professionnels qui travaillent depuis très longtemps auprès de ces populations qui parfois semblent stagner ?
Dans les institutions, bien souvent, la dimension « affective », donc subjective, est censurée (à juste titre s’il s’agit de résonances personnelles donc intimes pour le professionnel, car l’institution n’est pas le lieu pour les traiter directement). Pourtant, chacun a fait l’expérience que tout au long de leur prise en charge, les usagers du secteur social repèrent la ou les personnes des équipes avec lesquelles ils tentent inévitablement et inlassablement de retrouver le type de liens affectifs qu’ils avaient noués dans leur enfance (parfois ils arrivent à se faire rejeter par toute une équipe professionnelle).

Les ESAT ont des ressources potentielles à l’intérieur et à l’extérieur pour les aider : le personnel de soutien, les médecins généralistes, les services de psychiatrie, CMP, dispensaires, le planning familial, des psychologues ou des psychanalystes à l’intérieur ou à l’extérieur de la structure… comme le médecin du travail par exemple en tant que partenaire...


D’après l’article de F. Canto, F. Martin, C. Menadier, B. Richard, F. Simoës, Pratiques en santé mentale.

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Personnes handicapées = Taux de chômage à 20%

4 Septembre 2013 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Portrait de Georges au léger handicap mental, pour son employeur il est ponctuel, travailleur et fidèle. Sensibilisation jusqu'au 16 novembre à l'emploi des personnes handicapées . Exemple à St Sornin en Charente : Valérie Voisin créé un club hippique et pour l'aider elle emploie à temps partiel depuis 3 ans Georges Caivau , palefrenier , il s'occupe des chevaux et des écuries . Cet univers lui plaît et lui donne beaucoup de satisfaction.En 2011 en Charente, 407 personnes handicapées ont retrouvé un emploi dont 32% sur des CDI et 205 sont entrées en formation. Reportage de Luc barré et Cécile Landais que nous remercions.

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Esat hors murs, mode d’emploi

2 Septembre 2013 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Esat hors murs, mode d’emploi

Les établissements et services d’aide par le travail (ESAT) ont développé, depuis une vingtaine d’années, des activités « hors murs » afin de proposer à leurs usagers une expérience professionnelle en milieu ordinaire de travail, requérant davantage d’autonomie qu’en atelier et générant aussi une socialisation et un épanouissement plus grands.

« Le hors murs correspond à une évolution globale visant à diversifier les réponses, rappelle Gérard Zribi, président d’Andicat, association de directeurs d’ESAT, de même que les foyers d’hébergement ont développé un accueil en appartement autonome, les ESAT offrent des prises en charge variées et évolutives. » Les travailleurs accueillis en ESAT souffrent pour 90 % d’entre eux de handicaps psychiques, mentaux ou de déficience intellectuelle. « L’expérience du milieu ordinaire permet de côtoyer des collègues non-handicapés, de prendre part à la vie économique, de développer des compétences techniques, du savoir-être, c’est un aspect important de la citoyenneté que nous encourageons », indique Anne-Claire Patriat à la fédération des Apajh, qui gère une vingtaine d’ESAT. « Notre mission n’est pas de faire du placement en milieu ordinaire mais de proposer des activités professionnelles au plus près des attentes et des possibilités de nos bénéficiaires », précise Fabienne Pressart, directrice du Manoir, ESAT de l’association Afaser, à Champigny.

Détachements collectifs:

Ainsi, en parallèle de la production en ateliers protégés, de nombreux ESAT organisent des détachements collectifs de main-d’œuvre en entreprise. « Une dizaine de personnes travaillent pour la municipalité à l’entretien des voiries dans des conditions proches du milieu ordinaire, indique Fabienne Pressart, ils sont encadrés en permanence par un moniteur d’atelier mais les riverains les interpellent comme des employés municipaux. » À Taverny, l’ESAT de l’Apajh détache depuis vingt ans une unité de production dans une usine de cosmétiques : « Les travailleurs y vont par roulement pour deux semaines et sont impatients de s’y rendre, de manger au restaurant d’entreprise, de sortir de l’ESAT », ajoute José Fernandès, son directeur. Ce partenariat a permis trois embauches en CDI. (Lire l'encadré)

Une formule intermédiaire consiste à offrir une prestation de service gérée par l’ESAT mais ouverte au public. C’est ainsi que Le Manoir gère deux cafétérias à Paris, à l’hôpital de Bon Secours et à l’IRTS : « Nous proposons un vrai service de restauration pour de vrais clients, mais les horaires sont aménagés et les équipes sont toujours encadrées, explique la directrice, cela permet une grande souplesse pour les usagers, qui peuvent alterner quelques heures de travail à la cafétéria et le reste en atelier protégé, par exemple. »

Détachements individuels:

Le « hors murs » peut aussi prendre la forme de détachements individuels en entreprise avec un accompagnement plus léger. « Cela nécessite bien sûr un savoir-être et une grande autonomie de la personne pour se déplacer, respecter des horaires, effectuer seule les tâches qu’on lui demande », précise Fabienne Pressart. Au Manoir, certains usagers y parviennent après plusieurs années de travail en atelier, d’autres intègrent le milieu ordinaire dès leur arrivée, après un stage dans une entreprise partenaire. Le moniteur définit très précisément les horaires et les missions de la personne – entretien d’espaces verts, ménage, manutention - en fonction de ses capacités et l’accompagne sur le terrain quelques jours pour la prise de fonction. « Le moniteur peut intervenir pour traduire les consignes, faire des fiches, utiliser des dessins, des codes couleur », indique José Fernandès qui dirige deux établissements de l’Apajh. Car du fait de leur handicap, la plupart des bénéficiaires ne comprennent pas les consignes complexes, ont du mal à se repérer dans le temps ou à suivre une procédure mentale. « Pour sécuriser les travailleurs, on essaye de ritualiser les activités, d’alléger les horaires, de prévoir des rencontres avec le psychologue de l’ESAT », ajoute Fabienne Pressart. Quand la personne est autonome à son poste, le moniteur espace ses visites et reste disponible en cas de besoin. Il fait régulièrement le point avec l’entreprise et le travailleur. « Il faut parfois faire de la pédagogie, expliquer à l’employeur que la lenteur de la personne n’est pas de la mauvaise volonté, qu’il faut lui répéter plusieurs fois les choses. » Le détachement individuel demande un taux d’encadrement supérieur, il faut compter un moniteur pour cinq personnes au lieu d’un pour quinze en atelier. « Même si ça a un coût pour l’établissement, on tient beaucoup à ce détachement, cela fait partie de notre stratégie pédagogique, cela permet aux usagers de prendre l’air, de voir autre chose », indique José Fernandès.

Les limites du hors murs:

Néanmoins, une insertion en milieu ordinaire n’est pas à la portée de tous : « Les détachements collectifs se font sur la base du volontariat car malgré un encadrement permanent et un transport en minibus, c’est trop déstabilisant pour certains », admet José Fernandès. « Beaucoup de bénéficiaires ont des troubles de la personnalité importants qui rendent quasi-impossible un détachement individuel en entreprise, ajoute la directrice du Manoir, conserver une production en ateliers nous permet de prendre en charge différents degrés de handicaps, sans faire de sélection des usagers. » Car tout le monde n’a pas l’autonomie suffisante pour travailler en milieu ordinaire. « Et même les plus autonomes peuvent avoir besoin de revenir ponctuellement se reposer quelque temps dans un milieu plus contenant, plus rassurant », ajoute Gérard Zribi.
C’est pourquoi les activités hors murs concernent en général une minorité de personnes : à titre d’exemple, dans les ESAT gérés par la fédération Apajh, seuls 14 % de travailleurs sont en détachement collectif et 4 % en détachement individuel. Les ESAT hors murs de l’Adapt constituent un cas particulier : tous leurs usagers, triés sur le volet, sont mis à disposition dans des entreprises ordinaires et une partie est embauchée en CD "Attention aux dérives, prévient Andreia Clave, directrice administrative des Chapiteaux Turbulents à Paris, les pouvoirs publics « encouragent » l’insertion en milieu ordinaire à tout prix, à tel point que certains ESAT doivent remplir des objectifs annuels d’insertion, leur non réalisation entraînant une diminution des financements publics. » Andréia Clave rappelle que l’accès au travail en milieu ordinaire est souvent « l’aboutissement d’un projet de vie pour le travailleur ESAT et la résultante d’un travail d’équipe qui pour pouvoir aboutir doit rester en dehors des logiques comptables et quotas d’insertion. »

vu sur lien social publication 961 et posté par Jean Pierre

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Le rôle des ESAT dans l’emploi des personnes handicapées

2 Septembre 2013 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Le rôle des ESAT dans l’emploi des personnes handicapées

Les personnes handicapées doivent trouver leur place et de nouveaux repères dans un marché du travail qui a beaucoup évolué. Heureusement, l’antagonisme entre institution et intégration est aujourd’hui dépassé, ce qui permet l’émergence de solutions souples et adaptées. Ce serait presque parfait si les moyens étaient à la hauteur des intentions…

Le statut social reste, aujourd’hui encore, essentiellement acquis par l’emploi. La norme sociale, dans nos sociétés, reste le travail : le lien économique conditionne, en effet, le lien social. Le travail est non seulement une source de revenus, mais aussi un moyen d’insertion sociale et un mode d’épanouissement et de développement personnel pour les personnes handicapées qui peuvent et désirent travailler. Le droit au travail est, enfin, tout à fait reconnu dans les droits fondamentaux de l’Union européenne. Les personnes handicapées ne doivent pas être mises à l’écart, car elles doivent de plein droit jouer un rôle dans la société à qui il appartient de concilier le principe de l’égalité des droits avec celui du respect des différences et des nécessités spécifiques.
On se trouve, actuellement, au sein d’une société riche, mobilisée par la compétition, le marché international, le contrôle des nouvelles technologies, mais aussi caractérisée par un fonctionnement économique et social difficile à appréhender, un marché du travail qui échappe aux méthodes d’analyse traditionnelles et un sous-emploi important malgré des progrès récents. On note aussi que le niveau d’emploi varie selon les domaines économiques. Ainsi, les emplois de services marchands et non marchands (les services de restauration rapide, d’entretien de locaux, d’amélioration de l’environnement) se développent alors que les emplois industriels, par le jeu d’un certain nombre de facteurs (automation, délocalisations…), régressent fortement. Cependant, il faut ajouter que les emplois de services n’offrent plus assez, comme il y a encore quelques années, de véritables possibilités d’intégration professionnelle pour des travailleurs handicapés, notamment mentaux et psychiques. Ce secteur d’activités a adopté des modes d’organisation très exigeants.
Le recrutement direct de travailleurs handicapés par les entreprises, les administrations et les collectivités publiques confrontées à leurs impératifs budgétaires, restera probablement faible dans les prochaines années. La réflexion et les pratiques, à propos de l’emploi des handicapés, ne peuvent donc que s’inscrire dans un environnement nouveau et, à vrai dire, assez inconnu. L’emploi des handicapés réclamera, très certainement et toujours plus, la mise en jeu de plusieurs types de solutions (emplois ordinaires, emplois aidés, emplois protégés…) et d’approches imaginatives en matière de création d’emplois (par le secteur privé, le secteur public, les collectivités locales, les associations, les coopératives, les entreprises sociales…).

Des travailleurs handicapés plutôt satisfaits

Les personnes handicapées sont aujourd’hui deux fois plus touchées par le chômage que le reste de la population active : 17 % ne trouvent pas d’emploi. 535 000 sont employées en milieu ordinaire (79 %) dont 160 000 dans le secteur public et 375 000 dans le secteur privé (y compris en entreprises adaptées qui emploient 20 000 personnes) ; 35 000 (5 %) sont des travailleurs indépendants ; enfin 110 000 (16 %) sont en établissement et service d’aide par le travail. Pour celles travaillant en milieu de travail protégé, il faut rappeler qu’en ESAT, elles présentent, pour 76 % des déficiences intellectuelles et pour 16 % des déficiences du psychisme. Cela signifie, que si l’on défend un droit à l’emploi pour celles capables et motivées par l’exercice d’une activité professionnelle, l’existence d’un second marché de l’emploi (ouvert, multiforme et intégratif, protégé ou aidé) est indispensable. C’est d’ailleurs l’avis du Bureau international du travail (BIT).
Par ailleurs, il est frappant que l’essentiel des débats publics qui ont lieu, ainsi que les rapports officiels rédigés à la demande des pouvoirs publics à propos des ESAT (nouvelle dénomination des CAT) depuis une vingtaine d’années, n’ont jamais intégré le point de vue de leurs travailleurs. Une enquête, réalisée dans le cadre d’un ouvrage récent (Zribi, Sarfaty, 2003), montre des positions assez différentes de celles des organismes censés défendre au mieux leurs intérêts : les travailleurs handicapés sont globalement satisfaits de leur orientation professionnelle ; un nombre important d’entre eux considère que les emplois proposés correspondent bien à leurs capacités ; un travailleur sur deux estime qu’il a eu le choix de l’établissement où il se trouve ; s’ils affirment, en majorité, qu’ils ont la liberté de donner leur avis au sein de réunions ou d’instances de l’ESAT, ils souhaitent de sensibles améliorations, notamment sur la mise au point d’arbitrages lorsqu’il y a des désaccords entre eux-mêmes et la structure, y compris en cas de sanctions.
En Allemagne, le 14 mars 2003, lors de l’organisation d’un speaker’s corner, des représentants handicapés de cent vingt ateliers ont défendu des orientations analogues à celles tirées de l’enquête citée ci-dessus. Au regard des travailleurs handicapés comme de celui de nombreux experts, le travail protégé – et les droits qu’il procure – a donc une place tout à fait légitime dans le dispositif d’emploi et dans l’accès au droit à une activité professionnelle.

La France bien placée

Dans presque tous les pays européens, il existe, ainsi, mis à part les établissements pour les handicapés graves, trois grands types de réponses destinées aux adultes en matière d’activité : l’emploi normal, l’emploi subventionné et/ou accompagné, l’emploi protégé. Pour l’emploi ordinaire, la plupart des pays ont des lois de discrimination positive (un quota de travailleurs handicapés dans les entreprises en France, en Allemagne…) ou bien, pour d’autres, des mesures d’incitation fortes à l’emploi (comme au Danemark, par exemple). En ce qui concerne les emplois subventionnés, les entreprises qui embauchent des personnes handicapées perçoivent des aides destinées à compenser les coûts salariaux ; la Suède, avec 10,8 emplois pour 1000, ou la France, avec 6,3 (les emplois avec aide au poste), sont les pays qui ont la politique la plus forte dans ce domaine (source : OCDE 2003).
Le dispositif des abattements de salaire (une partie du salaire, au moins 50 %, est assurée par l’employeur, l’autre partie par l’Agefiph), qui a été remplacé par les emplois ordinaires avec aide au poste du fait de la lourdeur du handicap par la loi du 11 février 2005, est particulièrement intéressant pour favoriser la transition du milieu protégé vers le milieu ordinaire. Ce dispositif, peu connu, a tout de même permis la création de 12 000 emplois, 6 000 d’entre eux étant occupés par des personnes handicapées habituellement orientées en ESAT. Or la réforme de ce type d’emplois initiés par la loi du 11 février 2005 est peu adaptée aux personnes handicapées mentales et psychiques, ce qui mériterait très rapidement des inflexions sensibles.
En effet, si la position des pouvoirs publics n’est pas mise en œuvre de manière active et convaincue, les travailleurs handicapés risquent de subir, à court et moyen terme, un grave préjudice car 12 000 emplois – ce qui est énorme lorsque l’on considère les difficultés des handicapés à trouver un emploi – disparaîtraient à moyen terme. Les emplois accompagnés (support employment) existent sous différentes formes. Les personnes handicapées embauchées par les entreprises bénéficient d’importants soutiens psychosociaux, d’une durée variable, sur leur poste de travail (assistants individuels en Allemagne, équipes de suite en France). Pour le travail protégé, il y a des distinctions à opérer entre pays européens. Certains pays (par exemple la Suède, l’Angleterre, la Belgique) n’ont qu’une seule forme d’emploi, c’est l’atelier protégé ou l’entreprise adaptée qui sont autofinancés à 50 % ou 60 % par le travail de leurs employés. Cela signifie que l’emploi protégé est réservé à des employés relativement performants.

Des réponses plus adaptées

D’autres pays (comme la France) n’ont plus qu’une formule d’emploi protégé, les ESAT, autofinancés à hauteur de 20 % (en effet, les entreprises adaptées – ex-ateliers protégés – rejoignent le milieu ordinaire de travail). Cette formule de l’ESAT permet, si elle n’est pas trop dénaturée par les réformes en cours, un droit à l’emploi plus largement ouvert, notamment à des employés en âge et en capacité de travailler mais moins performants que ceux exerçant un emploi en entreprise de travail adapté. Ce qui complique aussi l’analyse et la communication au niveau européen, ce sont les « faux amis » dans les appellations. Ainsi, au Portugal et en Espagne, il existe les centres spéciaux d’emploi et les centres occupationnels : les premiers correspondant aux ateliers protégés anglais, belges ou français ; les seconds sont analogues aux ESAT français (et non aux foyers occupationnels de jour) ou encore aux ateliers pour handicapés allemands ou autrichiens. En Italie, les ateliers protégés correspondent aux centres occupationnels.
Les pays développés ont donc créé, depuis plusieurs dizaines d’années, des emplois protégés et aidés permettant d’aménager un droit à l’emploi pour ceux – surtout des handicapés mentaux et psychiques – qui sont, pour la plupart, incapables principalement en raison de leurs difficultés personnelles, d’exercer une activité professionnelle ordinaire dans un monde de travail toujours plus exigeant. Les emplois protégés existent dans la quasi-totalité des pays européens, mais en nombre très variable : 5,2 pour 1000 habitants en Suède, 5,6 en Suisse, 4,3 en Norvège. L’Autriche, la France et l’Allemagne ont un secteur de travail protégé sensiblement moins important (compris entre 2,9 et 3,3 pour 1000 habitants ; source : OCDE 2003).
On considère habituellement que les pays scandinaves ont une politique d’intégration réussie et très supérieure aux autres pays européens. Or il existe, dans ces pays, entre 50 % et 90 % de postes de travail protégé de plus que dans le second groupe de pays cités ci-dessus. Et encore, sont-ils réservés à des travailleurs handicapés relativement performants pouvant travailler en atelier protégé dont, rappelons-le, l’autofinancement par l’activité économique est important (deux fois et demie supérieur aux ESAT, tous financements confondus). Ces données nous conduisent à relativiser largement l’exemple de la Suède, pourtant souvent mis en avant avec un taux de passage du milieu protégé au milieu ordinaire de travail de 5 %. Plutôt que de s’émerveiller sur le taux de sortie, il serait plus pertinent de s’interroger sur l’important taux d’entrée en atelier protégé dans ce pays.
Malgré quelques réserves exprimées, parfois au nom d’approches intégratives univoques et exclusives (excluantes ?), l’Union européenne reconnaît (contrairement aux années quatre-vingt-dix, pendant lesquelles seules les formes traditionnelles d’intégration étaient acceptables) que l’on doit proposer un emploi protégé ouvert chaque fois que possible sur le milieu ordinaire, aux personnes handicapées qui ne peuvent pas, en raison de leur handicap, être intégrées dans le monde normal de travail. On s’achemine ainsi progressivement vers le renoncement, dans les discours et les pratiques, à l’antagonisme artificiel entre institutions et intégration. En effet, les institutions modernes, notamment les ESAT, recouvrent des réalités pluriformes entre l’intra-muros et l’intégration accompagnée, assistée ou totale. Elles permettent que soient mises en place des réponses adaptées, souples et perméables les unes par rapport aux autres grâce à un mouvement amorcé il y a une quinzaine d’années et dont la logique devrait être soutenue plus clairement qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Affirmer les droits des travailleurs

Derrière les principes généreux affirmés en France mais aussi au niveau de l’Union européenne, l’imprécision persiste à propos des moyens nécessaires à leur mise en application et dans la définition des approches particulières induites par la grande pluralité des handicaps et des situations. Ainsi, la controverse existe actuellement, un peu partout, sur la nature des droits des travailleurs d’ESAT (ou leur équivalent) : droits des salariés ou droits des consommateurs de services sociaux ? Pourtant la reconnaissance du droit à l’emploi – quoique encore insuffisante – doit impliquer dans une société démocratique l’autre terme de l’équation : la reconnaissance des droits fondamentaux des travailleurs.
Il ne faut pas en effet, dans une logique de non-discrimination – même si l’évolution plus générale des statuts et des rémunérations ne va pas actuellement dans ce sens -, qu’il y ait une rupture de droits entre le milieu ordinaire et le milieu protégé. Une autre tendance est de considérer que l’application du droit du travail est en définitive moins protectrice que l’actuel statut d’usager de service social. Les orientations actuelles telles qu’elles sont définies dans la loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale, ont choisi le compromis : le statut juridique d’usager de services sociaux pour les travailleurs d’ESAT a été sauvegardé, mais avec des aménagements ; des droits additionnels ont été prévus, par ailleurs, par la loi du 11 février 2005, notamment en matière de formation et de congés.
Il reste pourtant à réaffirmer que le maintien et l’accroissement des droits des personnes handicapées, notamment de celles qui exercent une activité professionnelle en ESAT, ne seront effectifs qu’à la condition que les budgets sociaux pour financer les structures soient au diapason des bonnes intentions. Dans le cas contraire, les supposées « avancées sociales » (rémunération garantie en cas de maladie, de violences…) se résumeraient en un catalogue d’affirmations inadéquates et même, assez cyniques !
Enfin, la question essentielle des ressources des travailleurs des ESAT n’a obtenu qu’une réponse insuffisante avec l’adoption de la loi du 11 février 2005. Ainsi, il n’est pas exclu qu’un certain nombre de personnes handicapées ayant choisi de vivre dans un habitat autonome (aidées, éventuellement, par un service d’accompagnement à la vie sociale) soit tenté d’y renoncer, notamment avec l’avancée en âge, pour habiter dans un foyer d’hébergement. Plutôt qu’à une intégration sociale, on assisterait alors à une ré-institutionnalisation. La remise en question des institutions uniformisées et conservatrices pour personnes handicapées, la multiplication, depuis vingt ans, de services ouverts et de solutions semi-protégées, l’intégration assistée et la diversité accrue des réponses, ont permis de construire progressivement un continuum encore insuffisant, mais toujours plus riche de modes de vie et de travail, qu’ils soient institutionnels, partiellement intégratifs ou totalement ordinaires. L’insertion par l’économie ou l’économique à vocation sociale, auxquelles appartiennent les formes d’emplois non traditionnelles (emplois protégés, emplois aidés, emplois sociaux…), sont des voies valables et, sans doute, les plus efficaces selon nous pour aider les personnes handicapées à trouver une place active dans la société. Les établissements et services d’aide par le travail s’inscrivent, tout à fait naturellement, dans ces approches où l’utilité sociale va de pair avec un rôle économique.

vu sur Lien-social article1911&id posté par Marielle .

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Menuiserie en ESAT et fabrication de meubles de crèches.

1 Septembre 2013 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

A Niort, l'ESAT fabrique et commercialise des meubles pour les structures de la petite enfance. Les crèches, halte-garderies et écoles maternelles sont les principales clients de ce spécialiste du mobilier haut de gamme ,en Hêtre massif,pour un bon suivi des bois autour de machines à commandes numériques industrielles. Particularité de cette production entièrement réalisée du bois brut à la commercialisation ..et ça marche!

La Nouvelle République posté par J.Pierre Moniteur Atelier Bois ,que nous remercions

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De nouvelles perspectives de financement pour le travail protégé

1 Septembre 2013 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

La banque publique d'investissement (bpifrance) mise en place par le gouvernement est conçue comme l'outil d'une nouvelle politique de financement de l'économie, au service aussi du Travail protégé.Un atout essentiel pour nos structures associatives qui manquent parfois cruellement de fonds propres,face aux enjeux essentiels de nouveaux développement.

Rappel:

La banque publique d'investissement (bpifrance) a pour priorité d’offrir l’ensemble des instruments de soutien financier aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire, en conformité avec les règles européennes. Elle propose des services d’accompagnement et de soutien renforcé à l’innovation et à l’export, accessibles pour les entreprises grâce à des guichets uniques dans chaque région.

Trois missions principales

  • Pallier les défaillances de marché qui handicapent le financement des entreprises, en particulier des PME.
  • Investir dans le développement des secteurs stratégiques d'avenir, comme la conversion numérique, écologique et énergétique de l'industrie, et l'économie sociale et solidaire.
  • Constituer un levier d'intervention puissant pour le développement des territoires, en lien avec les régions.

Un objectif de simplicité et d'efficacité

La banque publique d'investissement repose sur trois volets :

  • La constitution de points d'entrée uniques pour les financements publics à destination des très petites entreprises (TPE), des PME, des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et des acteurs de l'économie sociale et solidaire, afin de faciliter la réalisation de leurs projets de développement et leur accès aux financements, en articulation avec les régions.
  • Une nouvelle organisation du financement public des entreprises en France assurant au moins deux fonctions : les opérations en fonds propres et quasi fonds propres et les instruments de prêt et garanties aux PME.
  • La création d'une « structure faîtière » dotant l'Etat d'une nouvelle capacité de pilotage stratégique. Cet organe a pour missions de déterminer les grandes orientations stratégiques du groupe, de proposer à chaque région la conclusion d'un partenariat définissant les priorités pour son territoire, d'assurer le pilotage du réseau unifié et de garantir la cohérence des produits offerts.
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