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LE BLOG DU CAC-FORMATIONS

Educateur Spécialisé.. tranches de vies au quotidien

25 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Dans notre série témoignages de professionnels ,écoutant Sophie Educatrice Spécialisée en Foyer de Vie...

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Insertion par l'économique dans le secteur du tourisme: une expérience unique...

25 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Insertion et secteur du tourisme avec Treize Voyages

Offrir des vacances adaptées aux usagers des structures médico-sociales et proposer un emploi de qualité à des personnes en difficulté, voilà le double défi relevé par Treize Voyages.

La formule est unique en son genre. Treize Voyages est en effet la seule entreprise d’insertion qui, dans le secteur du tourisme, organise des séjours adaptés aux usagers des structures sanitaires et sociales. L’autre originalité réside dans le profil des salariés en insertion, dont certains relèvent d’une problématique psychiatrique. Cette particularité remonte à l’origine du projet, lancé en 1992 par Eric Piel, psychiatre au service 13 de l’hôpital Paul-Guiraud de Villejuif. Ce dernier constatait que ses patients stabilisés, en fin de séjour psychiatrique, ne parvenaient pas à retrouver d’emploi malgré leurs compétences et leurs diplômes. Ils avaient besoin d’une période d’accompagnement, préalable à un emploi classique. Par ailleurs, les infirmiers psychiatriques avaient du mal à trouver des séjours de vacances adaptés aux besoins de leurs patients. D’où l’idée de créer une entreprise d’insertion qui comble ces deux lacunes. Depuis sa création, Treize Voyages a fait partir en vacances plus de 20 000 personnes et emploient actuellement huit salariés en insertion, dont six au siège social à Rungis et deux à la boutique de Paris, ouverte en 2005.
Le voyagiste propose des vacances accompagnées : sorties de découverte sur un week-end et séjours d’une à deux semaines, avec déplacements en minibus et hébergement en pension complète. « Nos séjours sont encadrés par des professionnels du secteur médico-social – éducateurs, aides-soignants, infirmiers – que nous recrutons et qui connaissent très bien les besoins de notre public », précise Eve Tiszaï, directrice de Treize Voyages. Les usagers présentent des déficiences mentales ou maladies psychiques mais vivent toute l’année de manière autonome et ont besoin d’un accompagnement léger pour les vacances. « Les séjours sont libres et les vacanciers décident eux-mêmes, avec l’aide de l’accompagnateur, du programme des activités, cela permet de favoriser leur autonomie et leur intégration dans des petits groupes de huit à seize participants », ajoute la directrice. Les participants viennent de centres médico-pédagogiques, d’instituts médico-éducatifs, d’établissements et services d’aide par le travail (ESAT) et de foyers. Certains vivent seuls en appartement et travaillent, d’autres sont sous tutelle et adressés par un service de psychiatrie ou un foyer. Ils financent leurs vacances par leurs propres moyens, souvent limités – allocation adulte handicapé, salaire d’Esat, parfois aide de la famille – et partent donc assez peu car les séjours accompagnés coûtent cher. Treize Voyages organise également des séjours sur mesure et propose aussi un catalogue d’hébergements touristiques sélectionnés pour leur qualité d’accueil et destinés à des personnes souhaitant partir sans accompagnement. Plusieurs hôpitaux psychiatriques font appel à l’association pour emmener leurs patients en vacances avec leur propre encadrement infirmier.
Les salariés en insertion sont soit issus du milieu psychiatrique, soit des personnes au chômage de longue durée, au RMI, ou des jeunes sans qualification. « On demande aux candidats un niveau scolaire de 3e, une capacité à gérer un dossier administratif et une conscience de leurs difficultés », indique Hélène Le Ny, chargée d’insertion. Or certains allocataires du RMI n’ont pas conscience de leurs problèmes psychiques et auraient souvent besoin d’un suivi thérapeutique, constatent les responsables. Treize Voyages demande que chaque salarié en insertion soit suivi par un référent extérieur pendant la durée du contrat – assistante sociale, conseiller mission locale, médecin : « Pour les allocataires du RMI, qui perdent leur référent social au moment où ils retrouvent un emploi, ce suivi est souvent assuré par leur ancien référent de manière bénévole », déplore Eve Tiszaï. Les difficultés des salariés à leur arrivée sont liées à la prise de parole en public, à l’usage du téléphone et plus généralement à un manque de confiance en eux : « Ils sont sur la défensive et ont du mal à accepter les règles de l’entreprise classique qui les a souvent cassés, constate la directrice. Or nous leur proposons un travail revalorisant, en contact avec une clientèle fragile, qui comporte des responsabilités, y compris financières, puisqu’ils traitent les commandes de A à Z. » Les nouveaux salariés sont formés par la responsable technico-commerciale et la chargée d’insertion au métier de forfaitiste-vendeur. D’abord à partir de mises en situation et de demandes fictives, puis en traitant de vrais dossiers. « En sortant de chez nous, les salariés ont acquis un niveau de BTS Tourisme », indique la directrice. Ils savent écouter et répondre à la demande des clients, concevoir et vendre des séjours par téléphone, faire des recherches de prestataires, négocier les commissions, établir un devis, etc. Tous les trois à six mois les salariés remplissent une grille d’auto-évaluation, suivie d’un entretien pour faire le point sur les compétences acquises et les efforts à poursuivre. « Six mois avant la fin du contrat ils disposent d’une demi-journée par semaine pour chercher un emploi et on les accompagne dans les démarches », indique la chargée d’insertion. Dotés de compétences transversales, la plupart trouvent des emplois administratifs, d’accueil, de standardiste, de secrétariat, tandis que d’autres poursuivent une formation qualifiante. « Peu s’orientent vers le tourisme, qui n’est pas un secteur très florissant et où le contenu du travail est souvent moins intéressant que ce qu’ils ont fait ici », constate la directrice. L’entreprise, affiche un taux de 60 % de sorties positives. Elle travaille en partenariat avec des organismes de formation et d’insertion liés au tourisme et au handicap. « Ceux qui décrochent avant la fin du contrat sont des personnes qui ont abandonné un peu trop vite leur traitement médical et leur suivi psychiatrique et ne l’ont pas supporté, rapporte Hélène Le Ny. Par ailleurs, on assiste à un phénomène nouveau de gens qui démissionnent pour retourner au RMI, alors que tout semblait marcher ». Les échecs sont toujours douloureux mais les réussites parfois surprenantes. Les responsables se souviennent par exemple d’un salarié qui n’avait jamais travaillé, a posé d’énormes problèmes d’adaptation pendant deux ans, pour finalement trouver un poste dans l’hôtellerie. « Il n’y a pas de recette, mais l’intérêt du travail et le niveau de responsabilité comptent pour beaucoup dans la réussite », note Eve Tiszaï.
Avec 750 000 euros de chiffre d’affaires, Treize Voyages n’est pourtant pas une entreprise florissante. Elle voit ses subventions se réduire comme peau de chagrin, et les comptes sont dans le rouge depuis trois ans. « Il y a de moins en moins d’argent pour l’insertion par l’activité économique », déplore la directrice.

diffusé sur Lien Social et posté par Claire

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Les ESAT Hors Murs de l'ADAPT:

25 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Les ESAT hors murs

Rencontre avec deux responsables de l’Adapt : Raquel Secades à Evry et Emmanuel Legoff à Lyon.

Quelle est la particularité de ces structures ?
Raquel Secades : Ces ESAT n’ont pas de production en ateliers mais leur objectif est l’insertion professionnelle en milieu ordinaire. Cela passe par une phase de préparation et de réentraînement au travail puis par des mises à disposition progressives en entreprise, sur un poste correspondant au projet individuel et aux capacités de chacun. Le but est que la personne soit embauchée à terme. Au départ, nous avons créé ces structures pour les victimes de traumatismes crâniens, qui avaient une vie professionnelle avant l’accident et acceptaient mal l’orientation en ESAT classique (lire le témoignage de Mohammed Khelaf). Il existe aujourd’hui une dizaine d’ESAT hors murs à l’Adapt 1 .

Quel est le public accueilli dans ces établissements ?
Emmanuel Legoff : Il s’agit du même public que celui des ESAT classiques. Certains établissements sont spécialisés sur les traumatismes crâniens et lésions cérébrales, d’autres sur les handicaps psychiques et d’autres sont ouverts à tous types de handicaps. L’essentiel est que la personne souhaite travailler en milieu ordinaire, même si elle n’a pas d’emblée l’autonomie et les compétences pour le faire, notre rôle est de l’accompagner. Néanmoins certains troubles importants du comportement ne sont pas compatibles avec le travail en milieu ordinaire et il nous arrive de réorienter des bénéficiaires vers un ESAT classique de production.

En quoi consiste la phase de préparation au travail ?
Emmanuel Legoff : A l’ESAT de Lyon, la préparation dure six mois. Les usagers participent à des ateliers créatifs – cuisine, couture, informatique – pour s’habituer à un rythme de travail, reprendre confiance en eux et découvrir dans quel domaine ils aimeraient travailler. Cela nous permet aussi d’évaluer leurs capacités manuelles et leur savoir-être.
Raquel Secades : A l’ESAT d’Evry, la neuropsychologue évalue les capacités cognitives de l’usager - répondre à des consignes complexes, effectuer des tâches multiples, faire face à un rythme soutenu – et son autonomie pour se déplacer et gérer le quotidien. Puis, pendant dix semaines, un programme de remobilisation individualisé réapprend aux usagers à se repérer dans le temps, suivre un règlement intérieur, un mode d’emploi, participer à un collectif de travail, s’adapter à des changements non prévus. On met les personnes dans des situations non-routinières, proches de celles qui les attendent en entreprise.

Comment se passent les mises à disposition en entreprise ?
Emmanuel Legoff : À l’issue de la phase de remobilisation, la personne peut faire un ou plusieurs stages d’une semaine dans le secteur de son choix pour lui permettre de valider ou de modifier son projet professionnel. Ensuite on recherche des entreprises correspondant à son projet, à ses compétences et proches de son domicile qui accepteraient une mise à disposition. On signe un contrat de partenariat et la personne travaille d’abord quelques heures par semaine sur des tâches simples - mettre la table, nettoyer du matériel, trier du linge.
Raquel Secades : Chaque bénéficiaire est suivi par un éducateur technique de l’ESAT qui l’aide à mettre en place des procédures de travail - dans quel ordre, avec quels outils faire les choses. Dans les premiers temps ce professionnel est très présent puis un tuteur interne à l’entreprise, formé par l’ESAT, prend le relais. Les missions et les horaires de travail sont amenés à s’étoffer progressivement à mesure que le travailleur gagne en autonomie et en savoir-faire. Le référent fait régulièrement le point avec le tuteur et le travailleur.

Que se passe-t-il lorsqu’un de vos bénéficiaires est embauché en CDI ?
Raquel Secades : Environ 30 % des personnes mises à dispositions par l’ESAT d’Evry sont embauchées en CDI à l’issue d’un parcours de deux ans en moyenne. Ils sont agents administratifs, agent d’accueil en maison de retraite, employé dans une jardinerie, aide-cuisinier en restauration collective, boulanger dans une grande surface, etc. Dans ce cas, le suivi de l’ESAT ne s’arrête pas du jour au lendemain, on propose un contrat de suivi d’un an renouvelable. Par exemple, l’entreprise peut faire appel à nous pour accompagner un enrichissement de poste, pour former un salarié à un nouveau logiciel.

Quels sont les avantages de la formule hors murs de l’Adapt ?
Raquel Secades : D’abord cela répond à une forte demande des personnes handicapées de travailler en milieu ordinaire. Ensuite cela permet au bénéficiaire de trouver un emploi proche de son domicile et de progresser à son rythme sur un poste adapté à ses capacités. Enfin, il bénéficie de tout le suivi médico-social offert par l’ESAT – assistante sociale, conseillère en économie sociale et familiale, psychologue – et profite des sorties culturelles et conviviales organisées par l’ESAT. Cette formule offre à la personne un véritable parcours vers le milieu ordinaire de travail.
Emmanuel Legoff : C’est un très bon outil pour sensibiliser les entreprises à la problématique du handicap, car elles sont accompagnées, le dispositif est souple, rentable financièrement, et leur laisse le temps d’envisager sereinement une éventuelle embauche.

diffusé sur Lien Social et posté par Jean Philippe 59

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En route pour le Cirque...

24 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

Film mémoire du travail de création d'un numéro de cirque avec les usagers de l'ESAT Lothaire de Montigny-lès-Metz encadrés par Vincent Antoniazzi du Cirk'Eole.

"Un groupe de 8 travailleurs handicapés de l'ESAT Lothaire du CMSEA à Montigny-Lès)Metz, s'initie aux arts du cirque. Invité par le CE d'Air France et le Cirque Pinder dans le cadre d'une soirée Handicirque, le groupe prépare une représentation de 4 minutes sous le chapiteau du Cirque Pinder à Paris.
Projet extraordinaire filmé des répétitions jusqu'à la représentation !
Deux journées à Paris entre découverte de la capitale et spectacle devant 4000 personnes!"

Vu sur You Tube et posté par Denis éducateur Spécialisé

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Esat atelier Menuiserie: des lits socialement responsables

24 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

L'Esat Le Hameau fabrique toutes les chambres Iris à Pau, dans les Pyrénées atlantiques. Etablissement et services d'aide au travail, l'ESAT du Hameau permet à des travailleurs handicapés de trouver un travail permanent : il emploie plus de 100 personnes. Un partenariat de qualité avec la CAMIF...

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La première entreprise adaptée centre d'appel...

23 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #société

Découvrons CECIPHONE CONTACT,Entreprise Adaptée et un centre d'appel adapté aux travailleurs en situation de handicap visuel. Quand la machine est vraiment au service de l'homme..Reportage

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L’éducateur technique spécialisé ,un métier encore méconnu...

22 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

L’éducateur technique spécialisé trouve ses racines dans le mouvement philanthropique qui essaiera dans les années 1830 de soulager les enfants et adolescents jusque-là emprisonnés avec les adultes. Avant de devenir ces sinistres bagnes d’enfants justement dénoncés par Alexis Danan, les colonies pénitentiaires et agricoles seront animées par une authentique volonté de transformer l’enfermement en éducation. L’éducateur surveillant et le contremaître d’atelier y préfigurent alors les fonctions contemporaines d’éducateur spécialisé et d’éducateur technique spécialisé. Mais, il en aura fallu du temps pour que le moniteur d’atelier soit reconnu par un diplôme national qui voit enfin le jour en 1976 : le Certificat d’aptitude aux fonctions d’éducateur technique spécialisé (CAFETS).


Éducateur spécialisé avant d’être responsable de la formation des éducateurs techniques spécialisés à l’ITS de Tours, Pierre-Paul Chapon nous propose ici une somme de savoirs tout à fait passionnante. Son propos nous mène de l’histoire de la colonie pénitentiaire et agricole de Mettray (premier de ces établissements à avoir été créés en 1838) jusqu’à la recension des écrits consacrés aux éducateurs techniques spécialisés, en passant par de la formation et le diplôme, sans oublier une longue présentation du métier, de ses atouts et de ses difficultés. L’ouverture massive d’IMPro et de CAT entre 1970 et 1980 va contribuer à la reconnaissance de la profession qui se dote en 1981 d’une organisation spécifique : l’Association nationale des éducateurs techniques spécialisés (ANETS) — entrée en sommeil depuis. Aux trois quarts constitués d’hommes, aux deux tiers originaires de communes rurales, à 80 % issus de milieux ouvriers et agricoles, les éducateurs techniques spécialisés ont une expérience préalable de travailleur manuel : chez eux, « c’est la main qui est esprit, une main au creux de laquelle l’outil en tant qu’objet transitionnel agit sur la matière et la façonne » (p.203). Mais ce qui peut apparaître comme un indéniable atout n’en constitue pas moins une difficulté, tant ils restent partagés entre deux cultures, deux champs, deux familles : le monde ouvrier d’où ils viennent et l’univers des éducateurs qu’ils ont du mal à intégrer complètement. La formation n’est pas obligatoire à l’exercice du métier, mais l’exercice du métier est l’une des conditions à l’entrée en formation qui n’est possible qu’en cours d’emploi. Cette période constitue un vrai chamboulement car, il n’est guère facile de se retrouver sur les bancs de l’école pour des adultes qui l’ont quittée, il y a de cela souvent très longtemps. Le fort taux de réussite à l’examen (entre 92 et 94 %) est le signe d’une authentique promotion sociale qui permet de gagner en salaire, en temps de travail et en congés. Mais, ces travailleurs sociaux à part entière se vivent néanmoins en marge du reste de leurs collègues, victimes de la dévalorisation que notre société projette sur le travail manuel.

Auteur(s): Pierre-Paul Chapon -

éd. des deux continents (Suisse), 2002, (274 p. ; 22 €)

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La réinsertion professionnelle des handicapés psychiques

22 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS

La réinsertion professionnelle des handicapés psychiques

Une récente enquête menée par l’association de santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris (ASM 13), a montré combien il était difficile de réinsérer les personnes handicapées psychiques : maladies invalidantes, regard social, peur des entreprises d’embaucher... Au final, seuls quelques malades échappent au milieu protégé. Et pourtant, explique Clément Bonnet, psychanalyste, responsable d’ASM 13 : « L’idée d’être guéri recouvre soit le fait de ne plus avoir à prendre de médicaments, soit le constat de pouvoir travailler »

Quels les principaux écueils à l’insertion professionnelle des personnes handicapées psychiques ou malades mentales ?

Ces écueils sont extrêmement nombreux et il suffit de reprendre le résultat d’une étude qui a concerné 130 000 patients schizophrènes en France, en 1998, pour constater l’importance des obstacles à l’insertion professionnelle. En effet, pour ces patients qui sont majoritairement des hommes, plutôt jeunes, célibataires et seuls, huit sur dix sont inactifs et moins d’un sur dix a une activité en milieu ordinaire (étude Quemada). Ces résultats sont donc particulièrement démonstratifs. Ces difficultés tiennent bien sûr aux incapacités de la personne. Il faut préciser que les troubles schizophréniques ont souvent de graves conséquences au niveau cognitif (attention, concentration, mémorisation) et surtout au niveau relationnel (inhibition ou familiarité, mauvaise distance, retraits, hostilité). Ajoutons à cela toutes les difficultés qui tiennent aux effets secondaires des médications : fatigue, instabilité, maladresse gestuelle, tremblements.
L’importance de ces incapacités explique à la fois la difficulté d’accéder au monde du travail mais aussi au monde des travailleurs. Il est donc fondamental de donner toute sa place aux soins pour limiter ces incapacités, en particulier aux soins de réadaptation qui, malheureusement, sont encore assez peu développés en France (on compte, guère plus de 20 ateliers thérapeutiques sur tout le territoire). Rappelons que les soins de réadaptation cherchent à répondre aux incapacités. Dans le champ de la psychiatrie, les soins de réadaptation visent essentiellement à utiliser plusieurs médiations, dont le travail (en milieu rural ou industriel), qui peut être un très bon support pour amener à la possibilité de réaménagement psychique chez le patient lui permettant de réinvestir sa réalité interne et externe en particulier dans le cadre de thérapie de groupe. Il faut dire que, faute de soins de réadaptation, trop souvent des patients sont conduits à entreprendre des démarches pour une activité professionnelle alors que leur pathologie est encore trop active et que l’échec est dès lors constant.
D’autres écueils tiennent évidemment aux conditions d’accès au travail, à l’environnement professionnel. Il faut relever, en particulier, que les exigences professionnelles trop fortes, écartent les plus fragiles ; à ce titre, il faut dire que le travail à mi-temps est particulièrement intéressant pour les personnes qui souffrent de troubles psychiques. N’oublions pas également toutes les représentations sociales autour de la folie, autour des travailleurs handicapés qui compliquent bien évidemment les conditions d’accueil dans les milieux professionnels, quand elles font circuler des images de dangerosité. Relevons que les évolutions dans ce domaine sont assez nettes puisqu’actuellement les entreprises qui emploient des salariés handicapés sont satisfaites de leur choix dans 87 % des cas.

Pour ceux justement qui tentent de surmonter ces difficultés, quel regard portent-ils sur le retour au travail ?

À partir d’une enquête réalisée dans l’ASM 13, qui a concerné vingt patients souffrant de schizophrénie, nous avons pu constater que ces patients considèrent le travail selon deux registres principaux : soit le travail est considéré comme pouvant faire du bien : il joue alors une fonction de support social, donne une sensation de maintien d’une cohérence, de protection contre un trouble auquel il ne faut pas laisser le terrain libre, qu’il faut savoir canaliser. L’investissement du travail permet également à ces personnes de mettre à distance le vécu délirant et hallucinatoire et de se sentir moins agité. Ceci explique que vouloir travailler, c’est vouloir faire comme les autres et être comme les autres, d’autant que l’accès à un travail est souvent le signe d’une amélioration, le résultat d’un effort. Précisons que l’idée d’être « guéri » recouvre soit le fait de ne plus avoir à prendre de médicaments, soit le constat de pouvoir travailler.
Soit, le travail est considéré comme pouvant faire du mal. Le travail est vécu comme inaccessible du fait des troubles de la pensée et de la cognition, des difficultés de relation avec les autres, du manque de contrôle et de confiance. Il devient une sorte de déclencheur d’un processus morbide qu’il serait impossible de maîtriser. Les tentatives de travail se soldent par des échecs, se traduisent par des vécus douloureux, des arrêts de travail, des renoncements et souvent une vie sans travail. Cette vie sans travail est vécue de façon pénible mais parfois avec un certain soulagement, une sorte de délivrance.

Peut-on en déduire que pour eux le milieu dit protégé est préférable au milieu ordinaire ?

Nous avons vu que seulement un travailleur handicapé sur dix ayant une activité professionnelle l’exerce en milieu ordinaire. C’est dire l’extrême difficulté de cette modalité d’insertion qui représente pour nous tous un idéal d’intégration, de non-ségrégation. Il faut préciser que le milieu ordinaire est plus accessible pour les travailleurs handicapés qui sont plus jeunes, qui ont vécu moins d’hospitalisations avec des durées réduites et qui ont un niveau scolaire Bac ou plus, qui respectent leurs traitements et sont très autonomes. Le travail en milieu protégé est particulièrement bien adapté pour des travailleurs handicapés qui n’ont eu aucune formation professionnelle, qui n’ont jamais accédé au monde du travail et peuvent bénéficier de ces structures de travail où la dimension du soutien et de l’accompagnement est toujours présente (ceci permettant l’accueil de travailleurs productifs dont les difficultés psycho pathologiques interdiraient tout accès au milieu de travail ordinaire). L’autonomie sociale de ces travailleurs est aussi beaucoup plus réduite, certains bénéficiant de mesures de protection. Les passages du milieu protégé au milieu ordinaire restent malheureusement faibles (environ 2 %) malgré des dispositifs souvent ingénieux et des accompagnements adaptés. Ces travailleurs ont des difficultés relationnelles qui les empêchent de s’adapter à des changements et à d’autres environnements plus exigeants. Le milieu protégé est vécu comme protecteur et rassurant.

Les traitements thérapeutiques peuvent-ils aider ou freiner cette réinsertion par le travail ?

Les traitements médicamenteux sont d’une aide indispensable le plus souvent en permettant au travailleur handicapé de se sentir moins angoissé, moins dépressif ou moins menacé. Le traitement peut permettre également un meilleur contrôle des moments de désorganisation interne, ou de déséquilibre de l’humeur et des troubles de l’attention.
À l’inverse, certains traitements peuvent être gênants quand ils entraînent une grande fatigabilité, des troubles de vigilance, une maladresse gestuelle ou une impatience qui empêche de rester au poste de travail.
Le plus souvent, les travailleurs concernés souffrent de leurs troubles depuis de nombreuses années et les traitements sont bien équilibrés.

Les moyens publics — financiers et autres — mis en œuvre pour cette réinsertion vous semblent-ils à la hauteur des besoins nécessaires pour réaliser dans les meilleures conditions cette réinsertion ?

Il est possible de faire beaucoup mieux car, comme nous l’avons dit, les résultats actuels sont très décevants pour les travailleurs handicapés psychiques. Il faudrait que soient possible des stages y compris non rémunérés en entreprise pour des durées limitées dans le cadre de mi-temps, ceux-ci pourraient redonner un peu d’espoir aux personnes, leur faire découvrir le milieu professionnel et changer le regard des travailleurs.
Il faut aussi développer toutes les mesures d’accompagnement et de tutorat en milieu ordinaire et faciliter l’ouverture du milieu protégé sur le milieu ordinaire.

vu sur Lien social et posté par Claire 46

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Ils redonnent vie aux Calades... un chantier d'insertion plein d'histoire...

21 Janvier 2014 , Rédigé par CAC-FORMATIONS


Depuis maintenant deux années pleines, ils abattent un travail considérable sur les hauteurs de Vaison en découvrant et reconstruisant, des chemins qui reconquièrent l'espace et remontent le temps. Ces hommes et ces femmes placés sous la houlette de Danny Gratien, encadrant technique du chantier d'insertion, œuvrent dans la Haute-Ville, dans le cadre d'un partenariat entre la Ville et l'association Acare Environnement. Chaque lundi matin, Serge Boÿer, adjoint délégué au patrimoine, fait le point in situ, avec ceux qui offre une cure de jouvence aux anciennes ruelles ou ressuscite parfois une calade oubliée. « Ils font un travail magnifique, reconnaît l'élu. Et je suis fier de cette opération pour plusieurs raisons : parce qu'elle fait passer un souffle nouveau sous le château comtal, en y ajoutant des accès et qu'elle permet à des personnes de se relancer socialement en travaillant sur ce site si particulier, qui mêle beauté, poésie et mémoire. »
Fierté encore : Danny Gratien confie que « ce chantier n'est pas vraiment comme les autres. Ici je travaille avec des gens qui sont fiers du travail accompli. J'en veux pour preuve, le fait que le week-end, il leur arrive de venir en famille dans la Haute-Ville, afin de montrer à leurs proches ce qu'ils ont réalisé. » Déblayage (se lancer dans la rénovation d'une calade, nécessite quelquefois de puissants efforts d'imagination pour se représenter la voie sous des mètres cubes de terre, gravats et autre végétation), tri rigoureux des pierres en vue de leur réutilisation, enfin reconstruction des murs en pierre sèche et calades. Tel est le lot de l'équipe Acare. Il y a aussi de la place et de la matière à consacrer à l'esthétique du site, en jalonnant certaines calades de pas de porte reconstitués partiellement, mais de manière très évocatrice. Comme des échos persistants de maisons mises à terre d'abord, en terre ensuite.
En révélant à la pioche et à la pelle l'histoire de la Haute-Ville, Danny Gratien et son équipe s'y inscrivent également : car ce qu'ils font aujourd'hui sera foulé, avec délice, par de nombreuses générations, plus celles à venir, de Vaisonnais et de visiteurs de la cité médiévale.

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