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LE BLOG DU CAC-FORMATIONS
Articles récents

Reforme de la formation professionnelle et travailleurs handicapés: Pas de mesure handicap?

19 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #insertion par l'économique, #Reconnaissance professionnelle

Réforme de la formation pro et handicap : réactions !

 

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a rendu sa copie le 5 mars 2018 sur une réforme particulièrement attendue, celle de la formation professionnelle (détail des mesures en lien ci-dessous). Qualifiée de véritable « transformation », elle fait le constat que l'accès à la formation professionnelle connaît une double inégalité portant sur le statut des salariés et la taille des entreprises. De plus, la difficulté de l'accès aux droits et à l'information constitue un obstacle majeur pour nombre de salariés. Elle propose donc une réforme en profondeur en douze actions concrètes, destinée à tous les travailleurs. Quel impact en cas de handicap ?

Pas de mesure « handicap »

Première à réagir, la Fnath (accidentés de la vie) dit « partager globalement les objectifs de simplification et d'accès aux droits pour tous les travailleurs ». Mais elle s'étonne aussi « qu'aucune mesure ne concerne spécifiquement les victimes du travail et les travailleurs handicapés pour lesquels l'accès à une formation est particulièrement compliqué et constitue pourtant une condition essentielle d'accès et de maintien en emploi. » Il est vrai que, par nature, toutes ces nouvelles mesures, de droit commun, leur sont applicables, notamment la majoration pour les salariés à temps partiel. Toutefois, la Fnath souhaite qu'ils puissent bénéficier d'une majoration du plafond annuel et global au même titre que les salariés non qualifiés. De plus, au-regard des retombées très mesurées du dispositif actuel, le nouveau conseil en évolution professionnelle devra, selon l'association, être formé à l'accompagnement des travailleurs handicapés.

Une appli accessible ?

Enfin, la Fnath juge que certaines mesures bien que positives risquent de constituer des freins pour les travailleurs handicapés. En effet, le développement d'une application web qui semble indispensable et naturelle risque de se traduire par une exclusion numérique de certains travailleurs handicapés si les conditions d'accessibilité ne sont pas travaillées dès le départ. De plus, l'encouragement de solutions innovantes, telles que le MOOC et le digital learning, ne doit pas non plus se faire au détriment de la participation des personnes handicapées.

Autres avis, hors handicap…

Plus globalement, en dehors du champ exclusif du handicap, la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) a salué ces mesures qui favoriseront « une meilleure articulation entre les besoins des individus, des entreprises et des territoires ». Elle met toutefois en garde contre la décision du gouvernement de faire collecter la cotisation dédiée à la formation par le réseau des Urssaf, et non plus par les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés), « sous réserve de ne pas recréer une usine à gaz avec l'Urssaf d'un côté et les acteurs de la formation de l'autre. Le risque est de revivre ce que l'on a pu connaître lors de la mise en place du RSI ». Elle estime également « impératif » que les représentants des entreprises et de leurs salariés «soient étroitement associés » à la réforme, au risque « bien réel » de passer d'un système « complexe, à un dispositif technocratique, éloigné de la réalité du monde de l'entreprise ».

De son côté, le Syndicat des Indépendants a estimé que « la reprise en main par l'Etat des 32 milliards d'euros de la formation professionnelle est insuffisante » et devrait « s'accompagner d'une politique d'assainissement du marché par l'évaluation et le contrôle d'une offre aussi inadaptée que pléthorique ». Qualifiant le projet gouvernemental de « big flop », l'organisation plaide pour « une refonte globale de la formation professionnelle continue, axée sur les TPE et leurs salariés ».

 

tout savoir sur la reforme et vos droits ,le site référence moncpf@overblog.com

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faire pour apprendre... recettes de pédagogie pratique par Thierry MARX

18 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Restauration, #Reconnaissance professionnelle, #Moniteurs d'ateliers

Alors que la ministre du Travail Muriel Pénicaud doit dévoiler, lundi, les grandes lignes de sa réforme sur la formation professionnelle, Thierry Marx explique comment se déroule la formation aux métiers de la restauration qu'il a mise en place : "Cuisine mode d'emploi(s)".

INTERVIEW

"Faire pour apprendre". C'est une petite phrase qui prend des allures de ritournelles dans la bouche de Thierry Marx. Le chef étoilé a expliqué au micro d'Europe matin les méthodes utilisées lors de sa formation professionnelle "Cuisine mode d'emploi(s)", qui a déjà formé 1.500 personnes rien qu'en Ile-de-France. 

90 recettes en trois mois. 1.500 élèves en Ile-de-France, 95% de retour à l'emploi et 11 créations d'entreprise. Voilà les résultats de la formation professionnelle gratuite et sociale fondée par le chef Thierry Marx, destinée aux personnes en grande difficulté. "C'est une formation en trois mois, on y apprend les gestes de base de la cuisine, la cuisson et le temps. On a 80 gestes de base et 90 recettes du patrimoine culturel français. Et vous retournez à l'emploi avec un statut de commis de cuisine", détaille-t-il.

Trois principes pour réussir. "Il faut qu'un maximum de personnes aient leur chance. On s'est donc mis d'accord avec les candidats sur trois principes : rigueur, engagement et régularité", explique Thierry Marx. "La rigueur, c'est le projet, l'engagement, c'est regarder devant soi, et la régularité, c'est d'être là à l'heure : pas d'absence, pas de retard. Ça permet de faire la formation dans de bonnes conditions", détaille-t-il. 

Un métier, mais surtout un projet. Au-delà de l'apprentissage d'un métier, "Cuisine mode d'emploi(s)", c'est aussi l'apprentissage d'une conduite de vie. "On a des personnes éloignées de l'emploi, parfois même très éloignées avec des accidents de vie", précise Thierry Marx. Paradoxalement, l'apprentissage du métier, n'est pas l'essentiel lors de cette formation : "Il faut construire le plus important, le projet. Le diplôme est la conséquence du projet, mais c'est surtout le projet qu'il faut mettre en lumière, c'est ce qui fait que ça va réussir", explique-t-il. 

Trancher avec les habitudes. "Certaines fois, les formations n'avaient pas de sens : on asseyait les gens six heures devant un pupitre et ça n'aboutissait pas à un retour à l'emploi", raconte-t-il. La philosophie du chef étoilé est assez simple : "faire pour apprendre, lâcher la main du passé et regarder devant soi". Un leitmotiv qui semble porter ses fruits dans la formation "Cuisine mode d'emploi(s)", et qui pourra peut-être à l'avenir voir le jour dans d'autres secteurs, "beaucoup d'autres secteurs viennent nous voir pour savoir comment on a fait : il faut monter un programme pédagogique, regarder où sont les freins, lesquels on peut lever, et puis on avance et on trouve des solutions". Avant de prophétiser, "la formation professionnelle va être un énorme besoin pour la société qui arrive". 

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Réforme de la formation professionnelle : ce qui va changer pour tous... à partir de 2019!

18 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle, #société, #Vie Sociale, #Entreprise adaptée, #social

Réforme formation pro : ce qui va changer pour tous...

Résumé : Le 5 mars 2018, Muriel Pénicaud dévoile sa grande "transformation" de la formation professionnelle. Des mesures de droit commun qui valent également pour les travailleurs handicapés. 

 

Voici les principaux points de la transformation de la formation professionnelle, présentée le 5 mars 2018 par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud (en lien ci-dessous). Elle s'appuie sur l'accord conclu le 22 février par les syndicats et le patronat.

- Compte personnel de formation (CPF) en euros et non plus en heures
Tous les salariés verront leur CPF crédités de 500 euros par an, plafonnés à 5.000 euros. Les personnes sans qualification auront 800 euros, avec un plafonnement à 8.000. Le taux de reconversion heures/euros n'a toutefois pas encore été arrêté pour les personnes disposant déjà d'un CPF (cinq millions actuellement).
Les salariés à temps partiel auront les mêmes droits que ceux à temps plein, une mesure qui va surtout "bénéficier aux femmes", fait valoir le ministère, "puisque 80% des salariés à temps partiel sont des femmes et 30% des femmes sont à temps partiel".

- Formations accessibles via une application
Elle permettra de s'inscrire et payer directement une formation, sans passer par un intermédiaire; de connaître ses droits acquis; les formations certifiantes dans son bassin d'emploi; le taux de satisfaction des stagiaires ou celui d'insertion dans l'emploi. L'application sera disponible progressivement à partir de 2019.

- Financement 
Les entreprises s'acquitteront d'une seule cotisation, au lieu de deux actuellement (1% formation et taxe d'apprentissage). Mais la contribution totale restera inchangée, à 1,68% pour les entreprises de plus de 11 salariés et 1,23% pour celles de moins de 10.

- Collecte des fonds
Les sommes destinées à la formation seront désormais collectées par les Urssaf -organismes collecteurs des cotisations sociales-, qui les transfèreront à la Caisse des dépôts. Actuellement, la collecte de la formation professionnelle continue est réalisée par les organismes paritaires collecteurs agréés (Opca). Mais ce changement, "lourd", n'interviendra que fin 2020 ou en 2021, selon le cabinet.

- Fin des Opca
Gérés paritairement, ils seront remplacés par des "Opérateurs de compétences", également gérés paritairement. Ces structures vont notamment financer les centre de formation d'apprentis (CFA), le plan formation des TPE-PME et pourront "co-construire" les diplômes avec les branches "qui le souhaitent". Il y a actuellement 18 Opca de branches et deux Opca interprofessionnels.

- Création de l'agence "France compétences"
Elle remplacera les trois instances nationales actuelles (Copanef, Cnefop et FPSPP) et sera gérée par l'Etat, les organisations patronales et syndicales, et les Régions. Parmi ses missions, la régulation des prix des formations, afin que les coûts "ne dérivent pas", selon le ministère. Il souligne qu'actuellement, le coût d'une formation en CFA peut varier de un à six (entre 2.500 et 14.500 euros pour un CAP cuisine par exemple). Cette agence régulera aussi la qualité des formations, en définissant un cahier des charges que devront remplir les organismes de formation pour être certifiés, et donc bénéficier d'un financement. Elle aura deux missions de "péréquation": en direction des "Opérateurs de compétences" qui n'ont pas suffisamment d'argent pour financer tous les contrats d'alternance et en direction des TPE-PME.

- Modification du Conseil en évolution professionnelle (CEP)
Un financement spécifique sera dédié à cette structure, actuellement censée accompagner, gratuitement, toute personne qui le souhaite dans son parcours professionnel pour faire le point ou un projet. Le montant pourrait tourner entre "200 et 300 millions d'euros", selon le cabinet. Le CEP sera géré par les régions, l'Etat et les partenaires sociaux. Sa mission sera "redéfinie" selon le ministère et il va y en avoir un par région. Un opérateur sera sélectionné par appel d'offres, selon un cahier des charges établi par l'État, les partenaires sociaux et les régions.

- Formation dans les entreprises de moins de 50 salariés
Un système spécial sera mis en place, qualifié par le ministère de "mutualisation asymétrique". Il s'agit d'une cotisation versée par l'ensemble des entreprises, mais réservée uniquement au financement des plans formation des entreprises de moins de 50 salariés.

 

tout savoir sur la réforme d la formation professionnelle: consultez mon cpf@overblog.com

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Après l'ESAT: travailler en milieu ordinaire

17 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #insertion par l'économique, #Reconnaissance professionnelle, #Moniteurs d'ateliers

Les ESAT permettent aux salariés en situation de handicap de travailler au sein de leurs ateliers. Il peut aussi s'agir d'une passerelle vers le marché du travail conventionnel. Pour les plus âgés se pose aussi la question de la retraite. Un reportage de S. Breton, T. Bouilly, M. Le Carrour, H. Tiercelin, PY. Cheval / avec Franck Lambert, aide cuisinier - Jean-Luc Drouet, co-dirigeant Verso - Frédéric Malblanc, chef Gérant - Nelly Iziquel, Chargée d'insertion professionnelle ESAT du Pommeret - Gwenaël Planchin, Responsable projet Aresat "Un avenir après le travail"

sources You tube

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Une agence de mannequin spécial handicap

15 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Reconnaissance professionnelle, #social, #société, #VIE SOCIALE

Résumé : River Island, une marque de prêt-à-porter britannique, a choisi, pour fêter son trentenaire, de faire poser des enfants handicapés dans sa dernière campagne. Son credo : les étiquettes sont pour les vêtements, pas pour les enfants !

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Le message pour plus de diversité dans les publicités semble peu à peu être entendu par les grandes marques. Dernièrement, c'est River Island, une enseigne anglaise de prêt-à-porter, qui a décidé de faire sauter un vrai tabou. Pour fêter ses trente ans, elle a choisi des enfants en situation de handicap dans sa dernière campagne de pub. Âgés de 2 à 11 ans, les apprentis mannequins posent sur des fonds colorés et, tout sourire, prouvent que le handicap n'est pas un frein à leur bonheur. Si depuis quelques années, de plus en plus de marques optent pour la différence, c'est souvent en mettant en images des enfants porteurs de trisomie 21 ; River Island a fait un autre choix...

Le style pour tous

Ils sont six, porteurs d'un handicap différent. Gariel, 4 ans, et Cora, 6 ans, ont une trisomie 21 ; Lois est née avec une pathologie rare entraînant une surdité ; Miley souffre d'un trouble visuel ; Mia, 3 ans, est épileptique et a une paralysie cérébrale et, enfin, Teddy, 5 ans, est lui aussi épileptique et souffre d'une paralysie partielle. En prenant la pause, ils comptent faire savoir qu'être à la mode les concerne aussi ! « Les modèles ont été choisis pour cette campagne pour refléter la diversité de nos clients et célébrer une éthique qui résonne autant dans notre société que dans notre dressing, celle qui dit qu'être différent est normal », expliquait l'une des porte-parole de la marque au Daily Mail. Pour la mère de Teddy, cette expérience est l'occasion de montrer que « son handicap n'est pas une étiquette et qu'il est une personne à part entière ».

Une agence de mannequin spécial handicap

C'est par le biais de l'agence Zeebedee management que les enfants ont été sélectionnés. Cette agence de mannequins travaille uniquement avec des personnes handicapées et lutte pour une plus grande inclusion dans le milieu de la mode et de la publicité. Elle s'est dite très heureuse de voir qu'une marque aussi connue saute le pas et fait ce choix encore trop rare. « Nous espérons que d'autres enseignes suivront l'exemple de River Island et qu'elles feront en sorte de mettre en place des campagnes plus représentatives de notre société et de toute sa diversité », a déclaré l'agence. L'initiative de la marque de prêt-à-porter anglaise a été saluée par de nombreuses personnes à travers le monde, notamment sur les réseaux sociaux.

Les étiquettes sont pour les vêtements

Ce n'est pas la première fois que l'enseigne fait parler d'elle pour des actions similaires. En octobre 2017, Joseph Hale, un petit Britannique de 11 ans, prenait déjà la pose pour la campagne « River Island kids squad ». Diagnostiqué avec une dyspraxie, un retard de développement global et une trisomie, il s'était montré très à l'aise face à l'objectif. Ce printemps, River Island souhaite aller encore plus loin en lançant une campagne « Labels are for clothes » (en français, Les étiquettes sont pour les vêtements), qui a pour but de mettre à l'honneur l'individualité, en explorant le thème de l'identité et en mettant un « stop » aux stéréotypes (vidéo ci-dessous).

D'autres s'y mettent

Il semblerait que le thème de l'inclusion soit au goût du jour, puisque d'autres marques ont elles aussi choisi de faire poser des enfants en situation de handicap. Ainsi, très récemment, Gerber, la marque mondialement connu de petits pots pour bébés, a choisi un enfant porteur de trisomie 21 pour être son égérie pendant une année (article en lien ci-dessous). En 2015, Target, une chaîne de supermarché américaine, avait fait le choix de mettre en avant des enfants handicapés dans l'un de ses catalogues.

© River Island

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Handicap :Congé de proche aidant rémunéré : nouvelle tentative !

13 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #social

Congé de proche aidant rémunéré : nouvelle tentative !

Résumé : Un congé rémunéré et d'un an par personne aidée, c'est ce que proposent des députés pour apporter un soutien légitime aux proches aidants. Le texte, retoqué une 1ère fois en février 2018, fait une nouvelle tentative le 8 mars à l'Assemblée. Y

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Depuis le 1er janvier 2017, les salariés qui aident un proche malade, âgé ou handicapé peuvent bénéficier du « congé proche aidant », une mesure de la loi relative à l'adaptation de la société au vieillissement (article en lien ci-dessous). Une aubaine ? Pas totalement si l'on considère qu'il est sans solde, d'une durée de trois mois, renouvelable sans pouvoir dépasser un an sur l'ensemble de la carrière !

Des députés s'engagent

C'est pourquoi, le 23 janvier 2018, une mission parlementaire préconisait de créer un « statut » spécifique pour les aidants, qui permettrait notamment d'indemniser ce congé et ainsi de prendre en compte cette tâche « invisible » dans les droits à la retraite (article en lien ci-dessous). « Il est nécessaire de mettre en place un statut du proche aidant qui lui confère des droits » car il « a besoin de temps, de ressources et d'accompagnement », avait déclaré le député communiste des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville, rapporteur de cette mission. Dans cette proposition de loi n°589 « Pour une reconnaissance sociale des aidants » (en lien ci-dessous), un montant identique à celui de l'allocation journalière de présence parentale (AJPP), soit 43,14 euros par jour, est préconisé.

Un niet sans appel

Cette proposition a été rejetée le 21 février 2018 par la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, au motif, entre autres, qu'une mission sur la question des aidants a été confiée par le gouvernement à Dominique Gillot (présidente du CNCPH - Conseil national consultatif des personnes handicapées) et que son rapport est attendu pour le printemps 2018. Ou plutôt une question de gros sous ? « 30 000 personnes pourraient bénéficier du dispositif, pour un montant de 250 millions d'euros par an », avait chiffré Pierre Dharréville, qui, face à ce camouflet, exprimait publiquement sa colère. Certaines associations sont, à leur tour, montées au créneau, notamment l'APF qui, elle aussi, réclame ce congé rémunéré d'une durée d'un an, non pas sur l'ensemble d'une carrière professionnelle mais par personne aidée, au motif que, « dans une vie, on peut être un temps aidant de son enfant ou de son conjoint puis de son parent ».

Question de solidarité nationale

On estime, en France, à 8,3 millions le nombre de personnes qui aident un proche au quotidien. 47% occupent un emploi et seuls 8% ont recours aux congés existants. « Basée sur la solidarité nationale, elle aidera les aidants à concilier leur vie professionnelle avec l'aide apportée à un proche », explique l'APF. L'association déplore depuis plusieurs années un « glissement » de la solidarité nationale vers la solidarité individuelle avec, notamment, les lois sur le don, entre collègues, de jours de RTT ou de congés non pris étendue depuis le 31 janvier 2018 aux proches des personnes handicapées (article en lien ci-dessous). « Ces lois créent des inégalités entre salariés, que ce soit en raison de la taille de l'entreprise ou des durées différentes de congés, et font craindre une résurgence de la charité au détriment des droits des personnes ! », explique-t-elle. A contrario, cette proposition de loi sur la reconnaissance sociale des aidants n'est pas aléatoire et s'adresse à tous les aidants salariés.

Elle sera rediscutée en séance plénière à l'Assemblée nationale le 8 mars 2018. Ce sera la Journée internationale des droits de femmes. Hasard du calendrier ? Ce sont elles qui, dans ce contexte, sont majoritairement contraintes de cesser leur activité.

© APF + site Pierre Dharréville

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Travailleurs d'Esat et comédiens: devenir pros de la scène

11 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #social, #Vie Sociale, #Reconnaissance professionnelle

Travailleurs d'Esat et comédiens: devenir pros de la scène

Résumé : Ils sont handicapés... et comédiens. Et entendent le faire savoir. A l'occasion du festival(s) Orphée et Viva la vida, leur talent va tonner sur les planches des théâtres franciliens. Deux directeurs*, deux voix, pour en parler...

Par

*Richard Leteurtre, directeur artistique d'Orphée et de l'Esat Eurydice (78) et Olivier Couder, directeur du festival Viva la vida et du Théâtre du Cristal (95).

Le festival(s) Orphée et Viva la vida, c'est un évènement inédit,  40 lieux (théâtres, cinémas, bibliothèques…), 60 représentations, 2 départements (78 et 95)… Le meilleur des scènes « art et handicap » en France et en Europe, des créations passionnantes et inattendues qui tracent le chemin là où on ne les attend pas, interprétées par des comédiens en situation de handicap (article complet en lien ci-dessous).

H.fr : Les deux festivals existaient séparément et, pour la première fois en 2016, vous avez décidé de fusionner…
OC : Viva La vida dans le Val d'Oise et Orphée dans les Yvelines coexistaient en effet depuis plusieurs années. Nous avons décidé de rapprocher ces deux festivals, ce qui permet désormais de travailler de concert, avec une dynamique commune pour un rendez-vous tous les deux ans. Ce n'est pas seulement une vitrine mais un vrai travail de terrain pour renouveler l'image des personnes handicapées auprès du grand public et des établissements culturels.

H.fr : En quoi ce festival est-il nécessaire ?
OC : On observe une réticence manifeste du milieu culturel face à ce type de spectacles. Aux yeux de beaucoup, ils n'ont pas de validité artistique. C'est une « résistible ascension », un peu comme ce le fut pour l'art brut ; on a longtemps dit de ces autodidactes : « Ce n'est pas de l'art, ils ne savent pas peindre ».

H.fr : Pourtant, l'art se redéfinit sans cesse et n'est pas à une « fantaisie », voire une provocation, près…
RL : Ça devrait mais, avec nos comédiens handicapés, nous venons percuter l'académisme, et c'est délicat, même dans les milieux d'avant-garde. Il faudra encore un temps d'appropriation et d'apprivoisement pour, qu'à un moment donné, le milieu accepte de bouger ses critères artistiques.  J'ai même entendu un directeur de scène me demander : « Est-ce que ce sont de vrais comédiens s'ils sont trisomiques ? ».

H.fr : Et que lui avez-vous répondu ?  
RL : « On n'est pas professionnel parce qu'on n'a pas cumulé les 507 heures réglementaires pour prétendre au statut d'intermittent du spectacle ? ».
OC : Nos comédiens, par exemple ceux du Théâtre du Cristal, collaborent avec des intervenants artistiques toute l'année, c'est un métier à plein temps. Sur leur fiche de paye figure bien la mention « Comédien ». Il n'y a aucun doute sur le fait que ce sont de vrais pros.

H.fr : Le Théâtre du Cristal, dont vous êtes le directeur artistique, c'est quoi ?
OC : C'est une compagnie artistique fondée en 1989 qui a créé une quinzaine de spectacles d'auteurs contemporains. Depuis 2004, nous sommes partenaires de l'Esat la Montagne (association Haarp) pour former des personnes en situation de handicap au métier d'acteur professionnel. Nous avons actuellement une quinzaine de comédiens permanents et déjà 4 000 personnes handicapées en pratique amateur.

H.fr : Comment réagit le grand public lorsqu'il voit des comédiens en situation de handicap sur scène ?
RL: La rencontre du public avec ces plateaux « étranges » est toujours une expérience singulière. Il y a des rires, de l'empathie, de l'étonnement, des refus aussi. Tous types de réactions et pas forcément attendues. C'est la conception même de l'art qui est interrogée, cet affrontement qui le nourrit depuis la nuit des temps. C'est là que le spectacle de rue est le plus efficace.

H.fr : Sur une programmation axée sur le handicap, arrivez-vous à mobiliser le public habituel des théâtres locaux ?
OC : Je ne vais pas vous mentir, on a un peu plus de mal à remplir que d'habitude. Il faut le dire sans vraiment le dire ; c'est subtil. Dans le programme, on mise surtout sur l'aspect artistique, et le handicap n'est pas volontairement mis en avant. Mais le public qu'on gagne une première fois sur ce type d'évènement on le gagne pour toujours. Et puis, il y a aussi les résidents des établissements médico-sociaux qui ont alors l'opportunité de sortir de leur cadre de vie habituel et qui, pour certains, poussent pour la première fois la porte d'un théâtre.

H.fr : Et, parfois, c'est le théâtre qui pousse la porte de leurs institutions…
OC : Oui, nous faisons en sorte de favoriser la rencontre entre ces deux univers. En 2010, nous avons mis en place un pôle « art et handicap » dans le Val d'Oise avec l'aide du Conseil départemental. Nous travaillons actuellement sur des conventions de partenariat entre les établissements culturels et médico-sociaux. Ce lien n'est pas encore naturel ; ces derniers travaillent en général en autarcie et recherchent les ressources en interne, parce que le culturel, c'est ce qui vient souvent en dernier. Par exemple un éducateur un peu musico va organiser un atelier ; c'est bien mais on souhaite aller plus loin en proposant une vraie formation.

H.fr : Que leur proposez-vous durant ce stage ?  
RL : C'est sur sept jours. Il s'adresse aux éducateurs et au personnel d'encadrement afin de les aider à nourrir le projet d'établissement. Ils peuvent, notamment, assister à des répétitions. L'idée c'est de leur permettre de prendre conscience que les personnes handicapées qu'ils accompagnent peuvent avoir de vrais talents. C'est ce travail de terrain qui va construire la base de nos prochaines résidences en 2018.

H.fr : Cette fusion entre vos deux festivals est une nouvelle étape mais vous voyez plus loin encore…
RL : Eh oui, on se dit pourquoi pas le Festival In d'Avignon. On a envie d'y croire grâce à notre mécène, la Fondation Crédit coopératif, qui est aussi celui d'Avignon. Ce serait une occasion formidable pour tendre des passerelles avec le grand public… Selon son président, « C'est une belle piste à creuser ».

H.fr : Un dernier mot ?
RL : Le peintre Georges Braque a dit : « L'art, c'est une blessure qui se transforme en lumière. » C'est un peu ce qui guide notre action… sources Handicap.fr

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10 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #société, #Vie Sociale

USA : pas de travail, pas d'aide médicale sauf si handicap

Résumé : L'administration Trump veut réserver l'assurance maladie, Medicaid, dédiée aux plus modestes, seulement à ceux qui occupent un emploi. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes handicapées ne seraient pas concernés !

 

L'administration du président américain Donald Trump a autorisé le 11 janvier 2018 les Etats fédérés à conditionner la fourniture de l'assurance maladie publique Medicaid, destinée aux plus modestes, à une activité ou un emploi.

Personnes handicapées pas concernées

Medicaid est un pilier de la protection sociale américaine. C'est une couverture maladie créée dans les années 1960 et financée conjointement par l'Etat fédéral et les Etats, selon des règles fédérales. Le département de la Santé a publié une nouvelle consigne autorisant les Etats à expérimenter de nouvelles règles d'accès à Medicaid, et notamment d'obliger les assurés à justifier d'un "travail ou d'activités" telles qu'une formation, des études, une recherche d'emploi, du bénévolat ou de l'aide à domicile. Les enfants, les femmes enceintes et les personnes handicapées ne seraient pas concernés par cette nouvelle obligation.

20 % de la population

Pas moins de 10 Etats, gouvernés par des républicains, attendaient la permission du gouvernement fédéral pour appliquer ces nouvelles restrictions, selon le Washington Post. Près de 20% de la population américaine était assurée par Medicaid en 2015, selon le recensement. La réforme du système de santé initiée par Barack Obama a remonté le plafond de revenu conditionnant l'accès à Medicaid, permettant à des millions de personnes aux revenus modestes de s'assurer. Mais nombre de conservateurs estiment que les adultes en âge et en capacité de travailler ne devraient pas pouvoir bénéficier de cette assurance sans activité. Sous la présidence Obama, le gouvernement fédéral s'était opposé aux requêtes des Etats.

© zimmytws/Fotolia  sourcesPar

 
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un tour d'Europe des bonnes pratiques handicap

9 Mars 2018 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle, #Vie Sociale

 

Résumé : Nos voisins européens font-ils mieux que la France en matière de handicap ? Sophie Cluzel entend aller sur place pour échanger et repérer les bonnes pratiques. Elle a débuté son tour d'Europe par l'Espagne et le Danemark... Bientôt la Suède.

 

En matière de handicap, nos voisins européens ont-ils des idées dont la France pourrait s'inspirer ? Pour en avoir le cœur net, Sophie Cluzel, secrétaire d'Etat au handicap, s'est lancée dans un (petit) tour d'Europe avec l'objectif d'échanger avec nos partenaires européens sur le thème de l'inclusion. In fine, repérer les bonnes pratiques et s'en inspirer.

1ère étape en Espagne

Son périple a débuté le 22 février 2018 par une première étape en Espagne. Elle s'est entretenue avec la ministre de la Santé, Dolors Montserrat, sur l'école, l'accessibilité, la formation et l'emploi des personnes handicapées. En Espagne, l'école inclusive a fait ses preuves, sur la base d'une coopération forte avec le médico-social et les parents. Un lien qui peine à s'instaurer en France. En matière d'emploi, une nouvelle loi espagnole impose aux entreprises participant aux appels d'offres de respecter le quota de 2% de travailleurs handicapés. En visite au CERMI (Centre espagnol des représentants des personnes handicapées), la discussion a ensuite porté sur le droit de vote des personnes handicapées, que Sophie Cluzel défend en toutes circonstances (article en lien ci-dessous), et sur la violence faite aux femmes en situation de handicap.

2ème au Danemark

Deuxième étape au Danemark le 28 février 2018. Sophie Cluzel a rencontré des représentants de la fédération danoise des personnes handicapées (Danske Handicaporganisationer) et d'entreprises inclusives. Les discussions ont porté sur la prise en compte des besoins des personnes handicapées au sein de l'entreprise et leur participation à la vie publique. Elle a été rejointe le lendemain par Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale. Plusieurs rencontres et visites de terrain étaient prévues pour partager des expériences novatrices, dans une maternelle, une école primaire et un établissement professionnel qui accueille des adolescents autistes.

Expériences novatrices

Selon le gouvernement, ce déplacement s'inscrit dans le cadre de la " priorité donnée en matière d'inclusion des élèves et des personnes en situation de handicap dans l'école et la société française ". " Nos amis danois peuvent nous inspirer beaucoup pour faire progresser l'école inclusive ", a confirmé Jean-Michel Blanquer dans un Twitt. Il a cosigné, avec la ministre danoise de l'Éducation, une lettre d'intention relative au renforcement de la coopération et des échanges dans le domaine de l'éducation entre les deux pays, qui comprend un volet sur l'école inclusive. Au Danemark, il existe par ailleurs des Højskolen, laboratoires du vivre ensemble et de la citoyenneté qui proposent une vision transversale de la question de l'inclusion à tous les âges.

Ce qui se fait de bien chez nous

Sophie Cluzel continue son périple et doit s'envoler cette semaine pour la Suède, avec un focus spécifique sur la participation à la vie citoyenne. " On fait peut-être différemment à l'étranger mais avec une socle commun qui affirme la volonté d'une société inclusive ", affirme son cabinet. Sans langue de bois, affichant ses inquiétudes, une experte de l'ONU s'était rendue en France en octobre 2017 pour faire un état des lieux de notre politique handicap. Elle avait conclu que notre pays devait encore faire de gros efforts pour accorder aux personnes handicapées leur pleine citoyenneté. Mais elle avait aussi salué les avancées, les efforts, l'optimisme, les initiatives vertueuses dans un " Etat providence qui attribue des ressources importantes aux personnes handicapées ". Ce tour d'Europe serait-il également l'occasion de promouvoir ce qui se fait de bien chez nous ?

© Twitter BlanquerPar , l

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