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LE BLOG DU CAC-FORMATIONS

moniteurs d'ateliers

Travailler en restauration collective..

29 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Restauration, #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle

Teresa, Travailleur handicapée en l'ESAT , nous parle elle aussi de son métier ,qu'elle découvre... expressions...

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Les éducateurs spécialisés : vers une redéfinition de leurs fonctions ?

28 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #société, #Reconnaissance professionnelle, #Hebergements pour adultes EPHAD Maintien à domicile



« Portraits d’éducs : cinq éducateurs nous font part de leurs sentiments sur l’évolution de leur profession. Ils témoignent de leurs difficultés à concilier attentes et réalités de terrain. Sont-ils partagés entre espoir et désillusion ? »

À la question, pourquoi et comment devient-on éducateur spécialisé, les réponses sont multiples et dépendent du contexte dans lequel a évolué le professionnel.

Le militantisme social

Nous avons tous en tête l’image de l’éducateur post soixante-huitard, baba cool avec les cheveux longs et les sandales, prônant l’idéologie d’autosuffisance et d’autogestion, et dont la volonté était de « bousculer la terre entière, révolutionner les choses à [leurs] niveaux ». Cela se vérifie encore aujourd’hui, certains éducateurs étant toujours engagés dans l’éducation populaire et habités par un militantisme social. Cette volonté de se lancer à l’aventure et de construire un projet de société a longtemps constitué une des principales motivations à l’exercice de la profession. Nous avons le sentiment que les plus anciens regrettent cette époque d’engagement fort et dénoncent un manque de motivation engagée de la part des jeunes diplômés. Roland, éducateur spécialisé depuis 24 ans, déclare qu’« aujourd’hui, les jeunes diplômés sont enfermés dans une sorte de conformisme obligatoire ». Ces derniers associent d’avantage leurs motivations à un côté « c’est sympa d’aider l’autre », qu’à un réel engagement militant. En effet, la formation obligatoire et le cadre institutionnel contraignant formalisent leurs pratiques et réduisent leurs marges de manœuvre. Nous sommes passés progressivement d’une génération de bénévoles dans l’âme, bien que rémunérés, qui fondaient leurs actions sur des motivations personnelles et une certaine générosité, à des professionnels prestataires de services. Le système s’est complexifié, les éducateurs interviennent dans un cadre de règles et de procédures strictes qui s’éloigne de plus en plus de sa vocation initiale d’éducation populaire.
Nous nous trouvons face à un décalage intergénérationnel qui regroupe d’une part « l’ancienne génération » fortement engagée, et d’autre part les plus jeunes éducateurs, animés par des motivations réelles dans un secteur sans risque de chômage.
Néanmoins, certains critères ont toujours influencé l’orientation professionnelle des éducateurs spécialisés. « On n’est pas là par hasard », déclare Loïc, éducateur depuis 17 ans. Beaucoup d’éléments tant personnels que familiaux viennent alimenter ce choix. Alain Vilbrod [1], démontre le fait que devenir éducateur spécialisé est une affaire de famille. Elle constitue un vecteur d’orientation vers un terrain qui ne leur est pas totalement inconnu. En effet, l’environnement familial et notamment l’engagement associatif ou militant au sein de mouvements d’éducation populaire, et les valeurs humanistes sont des critères d’influence déterminants. Les futurs éducateurs spécialisés sont alors partagés entre transmission des valeurs familiales et affirmation des préférences individuelles. Ils vont peu à peu construire leur propre représentation et système de valeurs. La métaphore de l’entonnoir utilisée par Christian, moniteur éducateur depuis 32 ans est une bonne illustration de l’évolution de l’entrée dans la profession : « Imaginez la formation représentée par la partie la plus étroite de l’entonnoir et l’expérience acquise par la partie la plus large. Avant, on se créait d’abord notre propre expérience du terrain, pour ensuite entrer dans la formation, souvent pour la reconnaissance du statut. Aujourd’hui, c’est le contraire qui se produit, on passe d’abord par la formation avant d’élargir ensuite au maximum son expérience ». Ainsi, nous remarquons que l’expérience et les valeurs propres à chacun sont les bases communes du métier d’éducateur spécialisé.

La rencontre, un déclic

« Ce sont mes relations et les différentes rencontres que j’ai pu faire qui m’ont guidé vers cette profession », nous confie Didier, éducateur spécialisé depuis 4 ans. En effet, la plupart des éducateurs spécialisés déclarent avoir ressenti un véritable attrait pour cette profession suite à des rencontres, des échanges sur le métier ou l’introduction dans telle ou telle structure. Un tel schéma sert fréquemment de trame aux évocations de l’arrivée dans le métier.

Une profession en mutation

Bien que reconnu par une formation spécifique et un diplôme d’État depuis 1967, le statut de l’éducateur spécialisé reste « hybride », et son mandat « ambigu ». En effet, la décentralisation et la mise en place de politiques transversales ont fragilisé ce corps professionnel. Nous pouvons alors nous interroger sur la profession aujourd’hui. Qu’a-t-elle de commun avec l’éducateur « scout » des années 30 ? Avec l’éducateur « technicien de la relation » des années 60 ? Avec l’éducateur « baba cool » post-soixante-huitard ? Avec l’éducateur « travailleur social » des années 80 ; puis avec l’éducateur « développeur » des années 90 ? [2] Ce questionnement induit alors une évolution des pratiques professionnelles. Comment se traduisent-elles dans la réalité ? Les éducateurs spécialisés affirment aujourd’hui avoir peur d’un certain immobilisme. Ils déclarent par exemple, « l’inactivité des institutions », « un cadre institutionnel rigide » et « l’absence de moyens financiers ». Roland, dénonce « une technicisation de la profession qui fait de l’éducateur un exécutant et non plus un agent », et accuse le poids des procédures de les enfermer dans « une démarche réductrice qui normalise la profession ». Pour lui, les procédures « formalisent la profession », et « tendent à rompre avec la volonté de prise en charge individuelle personnalisée ». Christian affirme à son tour : « Avant, on était maître sur le terrain, on travaillait sur de l’humain, alors qu’aujourd’hui, l’essentiel de notre travail est plus de rendre compte, que de faire et d’imaginer ». Ce constat est repris par Didier : pour lui, la nouvelle génération d’éducateurs s’inscrit dans une culture de l’écrit, en opposition à la culture orale qui a longtemps dominé la profession. Il précise que « les étudiants sont formés au travail écrit », et que sur le terrain, les éducateurs « ont à rendre des comptes, laisser des traces, et donner une forme écrite à ce qu’ils mettent en œuvre ». La rigidité des institutions freine ainsi l’initiative, l’administration est qualifiée de « carcan », et de « sclérosée ». Pour les professionnels, la volonté d’action est indispensable pour lutter contre « l’enfermement » et la « routine ». Pour eux, l’action est la base de la profession, l’éducateur spécialisé doit être volontaire et actif [3]. L’action est perçue comme collective ; Christian insiste sur la nécessité de travailler en partenariat, et sur la mise en place d’actions concertées : « avant on travaillait chacun chez soi, et maintenant c’est un réel travail en partenariat ». Mais l’action passe aussi par un engagement personnel, il s’agit pour les professionnels de « s’impliquer », et de « faire partie du peuple sur le terrain ». Les professionnels soulignent également l’importance de la législation qui implique des changements dans les pratiques. Didier pense qu’« on tend à un cadre réglementaire plus restrictif qui amène à une réduction de la marge de manœuvre des professionnels ». Selon lui, la loi permet d’une part « d’éviter les abus », mais d’autre part « instrumentalise » et « enferme » la profession.
Un autre danger tient à la bureaucratisation liée au développement des professions sociales. Les éducateurs spécialisés estiment que leur travail se politise par l’accroissement des contrôles, des tutelles, et par les nouveaux droits accordés aux usagers. Roland dénonce « un cadre de plus en plus instrumentalisant et utilitariste » et met l’accent sur le poids « des processus d’évaluation et de précaution ». Par ailleurs, l’évolution des pratiques professionnelles des éducateurs spécialisés est à mettre en lien avec les mutations sociétales. De nouvelles formes d’exclusion ont été générées par les difficultés économiques du système. Le nombre de personnes en situation d’exclusion progresse, de ce fait la profession est confrontée à de nouvelles demandes et doit répondre et s’adapter à l’urgence de celles-ci. Loïc, se définit comme « pompier du social ». Il ajoute qu’« aujourd’hui, les personnes attendent de plus en plus de solutions de la part des autres que d’elles-mêmes ». De plus, la formation initiale ne prépare pas à ces nouvelles formes de précarité. Laurence, 27 ans, jeune diplômée, reproche à la formation initiale d’être trop théorique, et de ce fait, ressent un décalage avec le travail de terrain. Celle-ci paraît « comme trop légère par rapport à la réalité », « trop généraliste ». D’après Christian et Loïc, la formation « rassure », « permet de légitimer l’activité comme profession », et « d’acquérir une reconnaissance ». Cependant, elle ne suffit pas. C’est sur le terrain que l’on acquiert de l’expérience, la formation apporte des connaissances de base et des outils, aux éducateurs de les utiliser.

Quel avenir ?

Les éducateurs spécialisés attendent beaucoup de l’avenir pour obtenir une reconnaissance tant au niveau des compétences que de la profession. Ils souhaitent notamment de meilleures conditions de travail, une revalorisation du statut et une redéfinition de la fonction. Nombreux sont ceux qui espèrent que « les choses vont changer » et qu’« il faut se donner les moyens de construire l’avenir ». Pour Roland, la profession devra s’adapter à la nouvelle situation économique et sociale car ce sont ces facteurs qui la feront évoluer. D’une manière générale, les éducateurs spécialisés estiment que le travail social doit conserver sa spécificité, qui consiste à accompagner les personnes en difficulté ou en voie d’exclusion. L’éducateur spécialisé doit continuer à humaniser sa pratique au détriment de la bureaucratie et rapprocher ses actions en faveur des citoyens et des usagers dont il est responsable.

Delphine Jan, Sophie Kerzerho, Gaëlle Le Gargasson, Céline Pelleter, étudiantes à l’IUP Politiques sociale et de santé publique de l’université Bretagne sud de Lorient diffusé sur Lien Social.

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Atelier "Restauration" de L'ESAT de L'Arche en pays toulousain

27 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Restauration

Tous les jours, des membres de L'Arche en pays toulousain cuisinent pour la communauté, au restaurant "L'Etoile du Verger"... Un restaurant mais pas tout simplement..reportage...

Production : Masterfilms

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Un jardin d'insertion qui a du cœur

27 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Espaces Verts, #Reconnaissance professionnelle, #Moniteurs d'ateliers, #Vie Sociale

Les restos du cœur, c'est évidement la collecte et la distribution denrées alimentaires. Mais c'est aussi la réinsertion par le travail. Exemple à Fontenay-le-Comte.

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Activité numérisation et travail protégé

27 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Informatique, #Reconnaissance professionnelle, #Moniteurs d'ateliers, #société

Bretagne Ateliers, une des plus grandes Entreprises Adaptées françaises, choisit ABBYY FlexiCapture pour améliorer la gestion de documents pour ses clients. Bretagne Ateliers cherchait une solution complète, modulable et efficace de capture de données pour traiter les documents de ses nombreux clients.

ABBYY FlexiCapture permet à Bretagne Ateliers de garantir à ses clients des processus d’entreprise externalisés et automatisés, parmi lesquels l’extraction de données et la numérisation, ou même les processus d’exploitation, accompagnés de services d’assistance-maintenance,au service des clients...

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La recherche et le développement au sein des entreprises adaptées ...

25 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #société, #Reconnaissance professionnelle

Dépôt d'un brevet, production et commercialisation de toilettes sèches pour personnes valides et en situation de handicap.

Interview de Jean-Louis Berthou, directeur de l'entreprise Adaptée Kerthomas et de l'Esat de l'Odet, APF Entreprises.

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Agent de propreté et d'hygiène - Secteur Industriel

25 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Entretien des locaux, #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle

Secteur prisé en matière d'activités en travail protégé (ESAT et Entreprises Adaptées) les prestations d'entretien des locaux et d'hygiène en secteur industriel et commercial, clientèle extérieure sont également en voie d'augmentation ,autour de contrats d'entretiens annuels.Le nettoyage professionnel ,les métiers de la propreté demande rigueur,professionnalisme et techniques professionnelles: Le CAC Formations et ORES son bureau d'études et d'ingénierie vous accompagnent sur toutes vos formations;perfectionnements professionnels,mise en conformité, études et ingénierie.C'est aussi l'accompagnement V.A.E sur le titre professionnel d'Agent de propreté (Ministère du travail) dans le cadre de la validation des acquis par l'expérience.

N'hésitez pas à nous contactez pour toutes vos questions, projets au 05 53 68 81 00 (Olivier DEMATHIEU ou Bertrand VERBANCK)

Agent de propreté et d'hygiène - Secteur Industriel
Agent de propreté et d'hygiène - Secteur Industriel
Agent de propreté et d'hygiène - Secteur Industriel
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Reconnaissance des Acquis en Hôtellerie Restauration à l'ESAT

24 Août 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Restauration, #Reconnaissance professionnelle


Les travailleurs handicapés accumulent une expérience, tout au long de leur parcours en ESAT. L’occasion pour eux de bénéficier d’une reconnaissance de ce savoir faire accumulé. Pourtant, malgré des effets particulièrement positifs, peu en profitent. Parmi les établissements qui la mettent en œuvre, Le Poséidon à La Seyne sur Mer.




Nous sommes sur la côte varoise, aux portes de Toulon. L’association « Présence aux personnes handicapées intellectuelles » (devenue par la suite « Présence ») créée en 1979, gère alors un IME. A compter de 1988, elle connaît une forte expansion, ouvrant un nouvel établissement ou service presque tous les ans. Aujourd’hui, elle en gère quinze. L’un d’entre eux a été repris en 1998, en continuité d’une «Union de Mutuelles pour la Promotion Spécialisée d’œuvres Sociales ». C’est le Poséidon, où travaillent quatre vingt dix travailleurs encadrés par trente professionnels, dont seize moniteurs. Aux côtés du traditionnel service d’entretien d’espaces verts, est proposé un accueil hôtelier. La volonté a été claire à son inauguration : opter pour une activité à haute valeur intégrative et offrant une forte plus-value sociale. Pourtant, tout au long des années 2000, l’établissement se limite pour l’essentiel à l’hébergement de vacances pour des groupes de personnes parfois lourdement handicapées. Suite à la parution du Décret du 20 Mai 2009, la volonté associative est d’ouvrir à tous les travailleurs de ses ESAT la possibilité de s’inscrire dans une démarche de reconnaissance des savoirs faire et des compétences. Véronique ALBERTINI, alors Assistante de Service Social et responsable de la mission médico-sociale à l’ESAT Le Poseidon est en formation CAFERUIS . Elle choisit comme thème de mémoire la mise en œuvre de la reconnaissance des savoir-faire et des compétences et de la validation des acquis de l'expérience des ouvriers de l’ESAT « le Poséidon ». Elle fait le choix de commencer d’abord par proposer tant aux équipes de travailleurs handicapés, qu’à celles des encadrants, une phase d’information et de formation. UNIFAF(5), l’organisme paritaire collecteur agréé auquel adhère l’établissement vient justement de passer un accord cadre avec l’AFPA pour favoriser la validation des acquis de l’expérience pour les ouvriers des ESAT et accompagner le financement et l’ingénierie de la démarche.


Vers la validation des acquis ...

Ce dispositif, alors peu connu, Véronique ALBERTINI va l’utiliser pour que chacun s’approprie l’esprit et la lettre de la procédure. Ce sont quatre groupes de huit ouvriers qui participent successivement à une formation de deux jours organisée par le CAC FORMATIONS intitulée « Travailleurs handicapés, validez vos compétences! » leur permettant ainsi de comprendre en quoi consistent un parcours professionnel, le droit à la formation ainsi que les notions de compétence et de VAE. Cette phase de préparation-formation va prendre dix huit mois. A la rentrée des vacances, s’ouvre alors une année (2011-2012) qui sera la première à concrétiser le processus de validation des savoir-faire des travailleurs de l’ESAT. Et c’est le service des espaces verts qui commence, en collaboration avec le centre AFPA de La Valette, faisant ainsi reconnaître leurs compétences au regard du référentiel métier « ouvrier du paysage » ainsi que des travailleurs du secteur hôtelier, en articulation avec le centre AFPA d’Istres, en se rapportant aux référentiels métiers « agent de restauration » et « serveur en restauration ». Au cours de l’année 2012/2013, la démarche continuera avec des Ouvriers des trois mêmes titres. En 2013-2014, se rajoutent deux nouvelles spécialités : « agent d’hôtellerie » et « agent d’hygiène et propreté ». Puis, en 2014/2015, ce sera au tour du titre de « portage de repas à domicile » et d’« agent de propreté du cadre urbain ».


Bilan d’étape ...

Les référentiels métiers utilisés sont à chaque fois ceux qui sont identifiés par le ministère de l’emploi. Ils relèvent donc bien du droit commun. Ils correspondent à un titre professionnel nécessitant une présentation devant un jury, applicable donc à n’importe quel citoyen. Certains des travailleurs handicapés vont pouvoir prétendre à la préparation de la VAE, quand d’autres présenteront certaines compétences seulement. Mais, dans tous les cas, chacun reçoit à minima un certificat attestant de ses capacités (un titre professionnel pour ceux qui l’ont pu). Il n’est pas nécessaire d’avoir tout acquis. Sur les deux premières années, vingt et un des quatre vingt dix ouvriers ont ainsi passé avec succès ces épreuves, dont sept ont bénéficié d’une VAE, cinq d’entre eux ayant obtenu un titre complet. En 2013/2014, c’est trente deux autres qui se sont engagés dans la démarche. Les effets bénéfiques de cette dynamique se font sentir à plusieurs niveaux. Et c’est d’abord sur l’image véhiculée par les travailleurs handicapés que l’évolution a pu se faire sentir : « il y a eu un vrai changement de regard non seulement des moniteurs qui ne s’imaginaient pas l’existence d’une telle marge de progression chez les ouvriers, mais aussi des ouvriers eux-mêmes qui ne se croyaient pas capables de faire reconnaître leurs compétences » explique Véronique ALBERTINI qui constate, par ailleurs, une nette diminution de l’absentéisme et du décrochage chez les travailleurs handicapés. « La place dans l’institution n’est pas la même, dès lors que le travailleur handicapé se reconnaît et est reconnu comme expert de son propre parcours ». Mais il y a un autre effet induit à ne pas négliger, c’est la formidable impulsion que vit un établissement dont l’activité hôtelière avait du mal à démarrer et qui ne cesse aujourd’hui de déployer sa créativité.


Une formidable dynamique ...

Ce sont d’abord des travaux d’aménagement qui ont été menés, rénovant les chambres d’hôtel permettant ainsi l’obtention par l’établissement de sa deuxième étoile. C’est l’inscription à une dizaine de centrales de réservation qui a permis d’accueillir de nouveaux clients. C’est la candidature envisagée pour 2014 à l’exigeant label de « maître restaurateur » qui garantit une cuisine faite maison avec pour l’essentiel des produit frais. C’est la programmation de cours d’anglais, les travailleurs de l’hôtellerie souhaitant pouvoir échanger avec les touristes anglophones. C’est l’établissement de multiples partenariats ouvrant sur le monde extérieur. Telle cette convention en train d’être passée avec le lycée hôtelier Anne Sophie Pic situé à Toulon, permettant un échange de mini-stages, les lycéens étant reçus à l’ESAT et les ouvriers de l’ESAT au lycée. Telle cette autre convention avec un hôtel Campanile pour recevoir en cuisine et restauration des stagiaires du Poséidon les mettant en situation de travail apprenante. Telle cette inscription au sein de l’ADETO (association de développement des entreprises de Toulon Ouest) qui fédère mille trois cent entreprises, constituant une nombreuse clientèle potentielle pour les repas d’affaires. Tel ce Rotary Club qui a d’ores et déjà établi son siège au Poséidon. Cette réussite enthousiasmante, Véronique ALBERTINI a bien volontiers accepté de la transmettre et de la mutualiser avec d’autres ESAT de la région. Mais, au lieu de se déplacer seule pour présenter son expérience aux moniteurs et aux travailleurs des ESAT où elle était invitée, elle s’est faite accompagner par des moniteurs et travailleurs du Poséidon venant parler à leurs pairs de ce qu’ils vivent. Modification de l’image du travailleur handicapé, dynamisation du travail de l’équipe, valorisation de la fonction du moniteur d’atelier dans son aspect formateur, réinscription dans la logique du droit commun, fin du clivage entre les missions économique et médico-sociale, démarche d’inclusion dans le monde entrepreneurial dit « ordinaire » … on n’en finit plus d’énumérer les avantages de la reconnaissance des savoir-faire et des compétences, au sein des ESAT. Dès lors, émerge une question récurrente : pourquoi cette démarche ne se généralise-t-elle pas, plus vite ?


Vers une mutualisation...

Si c’est l’expérience du Poséidon qui a été mis en avant dans ce reportage, il faut rendre hommage au travail patient et résolu du réseau « Différent et compétent », déjà évoqué, qui laboure avec efficacité et détermination le secteur du travail protégé, pour étendre la pratique de la reconnaissance des savoir-faire. Pour autant 350 établissements impliqués dans ce réseau, sur les 1.500 ESAT et 600 Entreprises Adaptées existantes, cela ne représente guère plus que 16 %. Qu’est-ce qui coince ? Sortir de la routine et faire autre chose que ce qu’on a toujours fait demande une énergie et un temps, que toutes les équipes ne veulent pas forcément consacrer, surtout en regard d’un résultat qu’elles peuvent juger aléatoire. La pédagogie en la matière est essentielle pour démontrer tous les avantages que l’on peut en tirer. Certains établissements ont essuyé les plâtres. Les autres peuvent dorénavant s’avancer sur un terrain déminé. Pour impulser une telle innovation, il faut parfois une volonté farouche. Véronique ALBERTINI peut en témoigner. Et si elle récolte aujourd’hui en tant qu’Adjointe de direction, les fruits de son opiniâtreté, combien y croyait, quand elle s’est lancée ? D’autres réticences sont moins avouables. C’est la crainte de certains directeurs de devoir ensuite payer plus cher des travailleurs handicapés devenus plus qualifiés. C’est l’appréhension de certains moniteurs de voir leur autorité se fragiliser du fait de la reconnaissance de leurs ouvriers au même niveau qu’eux. C’est l’incrédulité des travailleurs handicapés doutant de la possibilité de se rapprocher du droit commun et du monde ordinaire. Au final se pose l’une des questions centrales du travail social : peut-on, mais surtout veut-on, développer le pouvoir d’agir des usagers que nous accompagnons, au risque de perdre peu ou prou de notre posture de technicien sachant mieux qu’eux ce qui est bien pour eux ?

publié par Jacques Trémintin - LIEN SOCIAL ■ n°1135 ■ 20/02/2014

Un Hôtel restaurant à essayer sans modération:
Le Poseidon - La Seyne sur Mer
Hôtel ** les pieds dans
l'eau ...
L’hôtel le Poséidon, dispose de vingt trois chambres de 2, 3 et 4 lits dotées chacune d’une salle de bains avec douche, de toilettes, un TV écran plat, un téléphone et une connexion internet WIFI gratuite. Les prix des chambres varient de 60 à 100 euros en basse saison, 68 à 110 en moyenne saison et de 75 à 115 euros en haute saison.
Le restaurant propose 60 couverts : menu à 16 €. Formule de 8,80 € à 13,80 €
Situé au bord de la plage des Sablettes, l’établissement bénéficie d'un accès direct sur la plage.


Hôtel Poséidon - 255 Avenue Charles de Gaulle - 83500 la Seyne sur Mer - Tel. : 04 94 11 02 80
www.le-poseidon.com

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