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LE BLOG DU CAC-FORMATIONS

Articles avec #moniteurs d'ateliers tag

Différent et Compétent : Reconnaissance des Acquis de l'Expérience

25 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle

Organisée par le collectif Différent et Compétent Alsace , la cérémonie de remise des attestations de reconnaissance des acquis de l'expérience à l'Université de Strasbourg retour sur un parcours plein de vies,mais surtout d'estime de soi:

L’engagement dans un processus de reconnaissance

Il est proposé aux ouvrières et ouvriers des établissements de s'inscrire, s’ils le souhaitent, dans une démarche de reconnaissance de compétences. Ils sont alors accompagnés par leurs monitrices et moniteurs. Selon le principe que « personne ne sait rien faire », ils s’engagent dans des parcours de reconnaissance de leurs compétences.

Une progression pédagogique

Trois modalités sont proposées, chacune étant reconnue par un « jury » :

- jury interne : « je montre ce que je fais » ;

- jury externe : « j’explique ce que je sais faire » ;

- jury externe après un stage « j’explique comment je mets en œuvre ma compétence ailleurs en comparant avec l’environnement esat ».

Chacun à leur rythme, les candidats constituent un « dossier de preuve » qu'ils présentent à un jury, accompagnés de leur monitrice ou moniteur. Ce jury est constitué de représentants de l’entreprise, de professionnels du secteur médico-social et de représentants de l’organisme certificateur (agriculture, travail ou éducation nationale). Ce jury reconnaît les compétences présentées par rapport aux attendus des référentiels métiers de droit commun. À l'issue de la présentation, le jury propose une mise en perspective et des orientations qui engagent la personne dans une évolution professionnelle. Se greffent alors des formations, des stages, des mises à disposition, des expériences professionnelles nouvelles et des parcours vers l'entreprise.

Cette dynamique influe sur l'ensemble de l’établissement, qui devient « organisation apprenante ». Elle peut parfois générer des réorganisations de travail au sein des ateliers, voire des recherches d'activités complémentaires favorisant le développement de nouvelles compétences. Elle induit également des rapprochements entre établissements, la mutualisation de moyens et de réseaux.

Pierre CORNEILLE

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APF,le premier réseau du travail protégé depuis 1933...

23 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #société

Découvrons mieux aujourd'hui le premier réseau du travail protégé crée en 1933 APF Entreprises : 49 établissements de travail adapté et protégé sur 42 sites en France, 7 secteurs d'activité en situation d'handicaps moteurs avec 3300 travailleurs...et 7 pôles d'excellences que nous vous proposons de découvrir... Reportage...

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Entretien des espaces verts :une équipe d'ESAT en action...

23 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Espaces Verts, #Moniteurs d'ateliers

Témoignages de clients et d'ouvriers et de moniteurs de la structure de Travail protégé Nos PILIFS,E.T.P chez nos amis Belges...reportage...

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Apprendre à apprendre en ESAT... V.A.E ,reconnaissances des acquis...

23 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle

Ce court métrage tourné dans plusieurs structures adaptées des Deux-Sèvres relevant de l'ADAPEI (Association Départementale des Amis et Parents d'Enfants Inadaptés) montre l'apport de la formation compétence clé « apprendre à apprendre» pour les salariés reconnus travailleurs handicapés. Suivis en séquence de formation et sur leurs postes de travail, ces salariés découvrent comment utiliser de nouvelles méthodes d'apprentissage qui ont pour effet de les sortir de leur raisonnement habituel et de les rendre moins anxieux et davantage performants.

diffusé sur You tube et extraits originaux sur ARFTLV Poitou Charentes

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Le travail protégé primé au concours LEPINE des inventeurs...

22 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #société, #Moniteurs d'ateliers

La machine à laver les caddies de supermarché... cette invention a obtenu le 2e prix du concours Lépine 2013. Ambulant, le Clean n' shop est une machine à laver les chariots de supermarché. Elle a été mise au point par l'entreprise adaptée Arceau Anjou, membre de la Mutualité française. Reportage sur le parking d'un magasin de Trélazé dans le Maine-et-Loire où le Clean n' shop est déjà en action... Reportage...

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Sophia ... histoire d'une mise à disposition

21 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers

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Une formation transfrontalière de moniteur d’atelier...

21 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers

« Plus on s’enrichit de cultures, plus la pensée s’élargit, plus le monde s’ouvre à nous et plus l’autre nous est proche, frère humain. »

Jean-Claude Izzo

Les changements sociaux et économiques auxquels les pays de la Communauté européenne sont confrontés ont donné naissance à des programmes et à des échanges pour y faire face. Le projet de formation de moniteur d’atelier se situe dans cette problématique et dans la dynamique suivante : réfléchir ensemble, comparer nos méthodes et nos moyens d’intervention, créer et développer des actions de formation et de coopération transfrontalières.

Depuis cinq ans, l’école d’éducateurs d’Osona, en Catalogne, et l’irfces de Toulouse réalisent en partenariat une formation de moniteurs d’atelier, sanctionnée par un Certificat de qualification reconnu de part et d’autre. Cette formation a été élaborée à partir d’une étude préalable sur l’emploi type de moniteur d’atelier en Catalogne et de la formation existant en France. Cette dernière a été réalisée dans le cadre du programme européen Euroform, en collaboration avec la « Fundacio de Tallers de Catalunya » et le Département de pédagogie de l’université autonome de Barcelone. Elle a permis la définition d’un profil professionnel et l’élaboration d’un référentiel de compétences et de formation qui mettent en évidence de grandes similitudes professionnelles mais aussi quelques différences...

Le projet de formation et sa mise en œuvre ont été l’occasion d’un important travail en commun de clarification des concepts, des modèles de référence et d’un débat approfondi entre formateurs et responsables du projet. Nos représentations étaient marquées par nos références culturelles, les structures mises en place dans chaque pays et, plus globalement, par nos histoires respectives. La question notamment de l’insertion des personnes en difficulté a mis en évidence un écart significatif avec une prévalence de l’action communautaire et du rôle de la famille chez nos voisins catalans. Les différences observées dans les moyens ou les méthodes ont toujours constitué des éléments d’intérêt supplémentaires et d’élargissement de la réflexion.

Les groupes de formations...

Ils ont été constitués, pour la région Midi-Pyrénées, de professionnels œuvrant au sein d’établissements spécialisés pour adultes : centres d’aide par le travail, ateliers protégés, foyers occupationnels, centres d’hébergement et de réinsertion sociale, entreprises d’insertion.

En Catalogne, la composition des différents groupes s’est révélée plus hétérogène, tant par la diversité des niveaux de qualification, allant du cap à la maîtrise, que par la diversité des établissements ou services représentés : services d’aide, de soin et de réadaptation à la vie active pour malades mentaux, toxicomanes ou alcooliques, services d’aide aux migrants, ateliers éducatifs, services d’accueil pour enfants et adolescents en rupture scolaire, services d’insertion et de mise au travail en milieu ordinaire pour personnes handicapées, centres de formation et d’insertion professionnelle ou écoles, ateliers liés à des opérations de restauration du patrimoine architectural, centres occupationnels, centres spéciaux du travail.

Cette situation s’explique notamment par l’absence de la figure professionnelle de l’éducateur technique spécialisé comme nous la rencontrons en France. C’est donc le moniteur d’atelier qui apparaît ici dans tous les dispositifs.

Il est amené à conduire des actions éducatives, thérapeutiques, pédagogiques, d’insertion, de mise au travail et de gestion de la production. Au total, ce sont cent soixante-dix personnes qui ont suivi cette formation et qui, pour leur très grande majorité, ont subi avec succès les épreuves du certificat de qualification à la fonction de moniteur d’atelier.

Les objectifs poursuivis:

Les objectifs poursuivis dans la formation ont privilégié :

  • la connaissance et la compréhension des personnes handicapées, exclues ou en voie d’exclusion, de leurs difficultés et des éléments nécessaires à leur insertion ou à leur intégration ;

  • la connaissance des cadres législatifs, administratifs et juridiques auxquels sont soumis les établissements et des contextes politico-économiques et sociaux particuliers ;

  • la connaissance du monde du travail de l’entreprise, de son fonctionnement, organisation, gestion, production, ergonomie, hygiène, sécurité, informatique ;

  • l’acquisition d’outils méthodologiques permettant l’élaboration et la mise en œuvre d’actions de formation structurées et bien adaptées : savoir mesurer les aptitudes, les acquis, savoir évaluer les résultats, savoir organiser une démarche d’apprentissage sur un mode progressif ;

  • la connaissance de la place et du rôle des activités techniques dans une action éducative ou thérapeutique et leur contribution dans l’évolution, le développement et l’épanouissement des personnes ;

  • l’élaboration d’une identité professionnelle : remettre en question des habitudes, des pratiques, des idées et des certitudes, apprendre à réfléchir collectivement, rechercher le sens des attitudes et des pratiques, évaluer son implication ;

  • l’élaboration progressive d’un projet d’atelier comme dynamique d’évolution et de changement des pratiques.

Approche pédagogique...

L’atteinte de ces objectifs s’est opérée à travers : l’acquisition et l’appropriation d’informations, de connaissances théoriques, techniques et méthodologiques, d’outils d’analyse et d’évaluation ; la confrontation à d’autres idées, d’autres valeurs, d’autres manières d’agir ; la prise de conscience de la spécificité de l’action, de l’activité, du rôle, de la fonction et de la place du professionnel dans le dispositif institutionnel ; l’évolution et la modification des valeurs, des attitudes ou, plus globalement, des façons d’opérer ou de se situer.

Une pédagogie individuelle et de groupe. S’agissant d’adultes, le projet de formation a privilégié les situations d’échange, de mise en commun et de confrontation d’idées ou d’expériences. L’hétérogénéité des groupes, la diversité des situations professionnelles et des expériences ont constitué une base importante d’information et de formation professionnelle.

La communication. La langue n’a jamais été un obstacle infranchissable à la communication. La Catalogne, l’Aragon, la Navarre sont des régions voisines, aux cultures différentes mais proches. Ce sont des aspects facilitateurs. Les différents groupes ont toujours compris plusieurs personnes pouvant s’exprimer dans les deux langues et capables d’assurer un travail de traduction. Les équipes pédagogiques ont le plus souvent été constituées de formateurs bilingues. Enfin, et c’est un élément de dynamisation, si les groupes de Midi-Pyrénées comprenaient 95 % d’hommes, ceux de nos partenaires, à l’inverse, étaient composés de femmes à 98%.

L’alternance. Le projet de formation a pris appui sur l’alternance comme processus d’acquisition, d’expérimentation et d’appropriation. Cette alternance centre de formation/lieu de pratique professionnelle s’est également réalisée dans les pays partenaires. Ce sont au total quatre semaines sur neuf que comprend la formation qui se sont déroulées en commun : deux semaines en Catalogne dans le centre de formation d’éducateurs d’Osona et dans les établissements de nos collègues catalans et deux semaines en Midi-Pyrénées. Ce projet a été rendu possible grâce à l’aide des programmes communautaires horizon et interreg. Ils ont permis de mettre en œuvre cette formation et de faire face aux surcoûts d’une transnationalité.

Le bilan...

Les moniteurs d’atelier qui ont participé à cette formation ont manifesté, dès le début, un intérêt très vif et exprimé un degré de satisfaction élevé. Cette formation a été l’occasion de partager plus largement des expériences et des pratiques, mais aussi de découvrir comment une problématique sociale peut donner lieu à des réponses différentes, comment l’histoire, la culture et les institutions de chaque pays peuvent susciter des approches, des modalités d’intervention particulières, comment les rapports entre l’usager, la famille, la communauté et le moniteur d’atelier sont abordés. Tous ces éléments ont été autant d’occasions supplémentaires de prendre du recul par rapport à sa quotidienneté, ses évidences, sa « routine ».

La formation a été vécue comme un moment d’interculturalité riche et intense, de mise en valeur des différences, des singularités et des compétences réciproques. L’expérimentation de la situation d’étranger à travers les stages (une partie de la formation se déroulant dans le pays partenaire) a permis de mieux apprécier la nature des difficultés que rencontre une partie de la population que les travailleurs sociaux et les moniteurs d’atelier sont amenés à accompagner dans la démarche d’insertion. Cette base a servi notamment à l’acquisition d’un savoir-faire spécifique dans la gestion des situations interculturelles.

Il faut souligner également la dynamique de recherche établie à l’occasion de ces échanges entre stagiaires et formateurs des pays partenaires. Les collaborations et les travaux réalisés au cours de la formation nous semblent poser les jalons d’un savoir nouveau du travail social à l’échelle transnationale.

La réalisation du projet nous a donc permis :

  • de remettre en question nos pratiques pédagogiques, nos contenus de formation à partir d’un cadre de référence différent et de nouveaux modèles originaux ou innovants ;

  • de mettre en commun des savoirs et des savoir-faire ;

  • d’expérimenter la dynamique et les difficultés d’un partenariat transnational ;

  • de tisser des liens et de développer un travail de réseau.

  • d’élargir cette expérience à l’Aragon et à la Navarre, au cours de l’année 2001, pour assurer la formation des moniteurs d’atelier des écoles ateliers des municipalités de Tudela et de Tarazona.

Notre objectif n’était pas uniquement de favoriser la libre circulation des moniteurs d’atelier (libre circulation au cœur cependant de la citoyenneté européenne) ni de contribuer exclusivement à une harmonisation des compétences. Il s’agissait tout d’abord de leur apporter une réelle technicité dans une dimension interrégionale et de leur permettre de réinvestir leur travail avec de nouveaux outils, de nouvelles questions et de nouvelles perspectives.

La volonté de promouvoir un espace social européen ne peut se réduire à une simple formule car on ne peut envisager d’identité européenne sans que soient posés des actes favorisant l’intégration sociale des personnes en difficulté. La conduite et la réalisation de ce projet de formation semblent y avoir œuvré, modestement bien sûr, mais réellement tout en participant d’une dynamique d’échanges entre régions transfrontalières dans un processus de développement communautaire.

Sanz Manuel, « Une formation transfrontalière de moniteur d'atelier », Empan 2/ 2002 (no46), p. 65-68

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ESAT hors murs...le point de 20 années d'expériences...

12 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #société

Esat hors murs, mode d’emploi...

Les établissements et services d’aide par le travail (ESAT) ont développé, depuis une vingtaine d’années, des activités « hors murs » afin de proposer à leurs usagers une expérience professionnelle en milieu ordinaire de travail, requérant davantage d’autonomie qu’en atelier et générant aussi une socialisation et un épanouissement plus grands.

« Le hors murs correspond à une évolution globale visant à diversifier les réponses, rappelle Gérard Zribi, président d’Andicat, association de directeurs d’ESAT, de même que les foyers d’hébergement ont développé un accueil en appartement autonome, les ESAT offrent des prises en charge variées et évolutives. » Les travailleurs accueillis en ESAT souffrent pour 90 % d’entre eux de handicaps psychiques, mentaux ou de déficience intellectuelle. « L’expérience du milieu ordinaire permet de côtoyer des collègues non-handicapés, de prendre part à la vie économique, de développer des compétences techniques, du savoir-être, c’est un aspect important de la citoyenneté que nous encourageons », indique Anne-Claire Patriat à la fédération des Apajh, qui gère une vingtaine d’ESAT. « Notre mission n’est pas de faire du placement en milieu ordinaire mais de proposer des activités professionnelles au plus près des attentes et des possibilités de nos bénéficiaires », précise Fabienne Pressart, directrice du Manoir, ESAT de l’association Afaser, à Champigny.

Détachements collectifs...

Ainsi, en parallèle de la production en ateliers protégés, de nombreux ESAT organisent des détachements collectifs de main-d’œuvre en entreprise. « Une dizaine de personnes travaillent pour la municipalité à l’entretien des voiries dans des conditions proches du milieu ordinaire, indique Fabienne Pressart, ils sont encadrés en permanence par un moniteur d’atelier mais les riverains les interpellent comme des employés municipaux. » À Taverny, l’ESAT de l’Apajh détache depuis vingt ans une unité de production dans une usine de cosmétiques : « Les travailleurs y vont par roulement pour deux semaines et sont impatients de s’y rendre, de manger au restaurant d’entreprise, de sortir de l’ESAT », ajoute José Fernandès, son directeur. Ce partenariat a permis trois embauches en CDI.

Dispositif Passmo : passerelle vers le milieu ordinaire...
La fédération des Apajh a lancé en mai 2009 le dispositif Passmo, en partenariat avec le ministère de l’Emploi et l’Agefiph, afin de faciliter l’embauche en milieu ordinaire de travailleurs issus d’ESAT. Pour un recrutement en CDI ou CDD d’un an, l’entreprise perçoit une aide de 9000 € par an pour un temps plein, versée par l’Agefiph, et l’ESAT perçoit une aide au tutorat de 2100 € par an pendant trois ans, versée par l’Etat. Au-delà de ces aides financières, le dispositif Passmo est sécurisant car il garantit à l’entreprise un accompagnement de l’ESAT pendant trois ans et assure au salarié de pouvoir réintégrer l’ESAT en cas d’échec. L’expérimentation menée dans l’Isère a donné de très bons résultats et conduit à étendre le dispositif à vingt-huit départements

Une formule intermédiaire consiste à offrir une prestation de service gérée par l’ESAT mais ouverte au public. C’est ainsi que Le Manoir gère deux cafétérias à Paris, à l’hôpital de Bon Secours et à l’IRTS : « Nous proposons un vrai service de restauration pour de vrais clients, mais les horaires sont aménagés et les équipes sont toujours encadrées, explique la directrice, cela permet une grande souplesse pour les usagers, qui peuvent alterner quelques heures de travail à la cafétéria et le reste en atelier protégé, par exemple. »

Détachements individuels...

Le « hors murs » peut aussi prendre la forme de détachements individuels en entreprise avec un accompagnement plus léger. « Cela nécessite bien sûr un savoir-être et une grande autonomie de la personne pour se déplacer, respecter des horaires, effectuer seule les tâches qu’on lui demande », précise Fabienne Pressart. Au Manoir, certains usagers y parviennent après plusieurs années de travail en atelier, d’autres intègrent le milieu ordinaire dès leur arrivée, après un stage dans une entreprise partenaire. Le moniteur définit très précisément les horaires et les missions de la personne – entretien d’espaces verts, ménage, manutention - en fonction de ses capacités et l’accompagne sur le terrain quelques jours pour la prise de fonction. « Le moniteur peut intervenir pour traduire les consignes, faire des fiches, utiliser des dessins, des codes couleur », indique José Fernandès qui dirige deux établissements de l’Apajh. Car du fait de leur handicap, la plupart des bénéficiaires ne comprennent pas les consignes complexes, ont du mal à se repérer dans le temps ou à suivre une procédure mentale. « Pour sécuriser les travailleurs, on essaye de ritualiser les activités, d’alléger les horaires, de prévoir des rencontres avec le psychologue de l’ESAT », ajoute Fabienne Pressart. Quand la personne est autonome à son poste, le moniteur espace ses visites et reste disponible en cas de besoin. Il fait régulièrement le point avec l’entreprise et le travailleur. « Il faut parfois faire de la pédagogie, expliquer à l’employeur que la lenteur de la personne n’est pas de la mauvaise volonté, qu’il faut lui répéter plusieurs fois les choses. » Le détachement individuel demande un taux d’encadrement supérieur, il faut compter un moniteur pour cinq personnes au lieu d’un pour quinze en atelier. « Même si ça a un coût pour l’établissement, on tient beaucoup à ce détachement, cela fait partie de notre stratégie pédagogique, cela permet aux usagers de prendre l’air, de voir autre chose », indique José Fernandès.

Les limites du hors murs

Néanmoins, une insertion en milieu ordinaire n’est pas à la portée de tous : « Les détachements collectifs se font sur la base du volontariat car malgré un encadrement permanent et un transport en minibus, c’est trop déstabilisant pour certains », admet José Fernandès. « Beaucoup de bénéficiaires ont des troubles de la personnalité importants qui rendent quasi-impossible un détachement individuel en entreprise, ajoute la directrice du Manoir, conserver une production en ateliers nous permet de prendre en charge différents degrés de handicaps, sans faire de sélection des usagers. » Car tout le monde n’a pas l’autonomie suffisante pour travailler en milieu ordinaire. « Et même les plus autonomes peuvent avoir besoin de revenir ponctuellement se reposer quelque temps dans un milieu plus contenant, plus rassurant », ajoute Gérard Zribi.
C’est pourquoi les activités hors murs concernent en général une minorité de personnes : à titre d’exemple, dans les ESAT gérés par la fédération Apajh, seuls 14 % de travailleurs sont en détachement collectif et 4 % en détachement individuel. Les ESAT hors murs de l’Adapt constituent un cas particulier : tous leurs usagers, triés sur le volet, sont mis à disposition dans des entreprises ordinaires et une partie est embauchée en CDI «

Attention aux dérives, prévient Andreia Clave, directrice administrative des Chapiteaux Turbulents à Paris, les pouvoirs publics « encouragent » l’insertion en milieu ordinaire à tout prix, à tel point que certains ESAT doivent remplir des objectifs annuels d’insertion, leur non réalisation entraînant une diminution des financements publics. » Andréia Clave rappelle que l’accès au travail en milieu ordinaire est souvent « l’aboutissement d’un projet de vie pour le travailleur ESAT et la résultante d’un travail d’équipe qui pour pouvoir aboutir doit rester en dehors des logiques comptables et quotas d’insertion. »

vu sur Lien social et posté par Edmond

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MONITEUR D'ATELIER expressions de professionnels...

9 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers

Paroles de Professionnel...

Stéphane, ancien moniteur d'atelier et futur éducateur technique spécialisé dans un ESAT.

"Je travaille depuis 8 ans comme moniteur d'atelier. J'occupe maintenant un poste d'adjoint technique au sein de l’ESAT, c'est-à-dire que j'encadre les moniteurs et je supervise les ateliers. En septembre, je vais commencer la formation d'éducateur technique spécialisé."

A l’ESAT, 68 travailleurs handicapés sont employés dans l'un des 6 ateliers de l’ESAT : sous-traitance industrielle, blanchisserie, ferme polyculture élevage (escargots, poulets, céréales), espaces verts (entretien chez des particuliers, tonte, élagage...), maraîchage et laboratoire de transformation (plats cuisinés à base d'escargots notamment). "Chacun des 7 moniteurs d'atelier de l’ESAT encadre 8 à 10 travailleurs environ."

Pour décrire le rôle et les compétences du moniteur d'atelier, Stéphane choisit de nous présenter la journée type du moniteur de l'atelier "polyculture élevage", qu'il connaît bien pour y avoir travaillé lui-même.

- A 8 heures, les travailleurs arrivent à l’ESAT.

"Pendant qu'ils se changent dans les vestiaires, les moniteurs discutent entre eux pour régler des problèmes organisationnels de la journée, telle que l'utilisation des véhicules de l’ESAT. Par contre, ce n'est ni le lieu, ni le moment pour discuter des problèmes liés aux travailleurs. C'est à l'éducateur spécialisé ou à moi qu'ils doivent faire part de leurs remarques sur les travailleurs."

- 8 heure 15 : le groupe de travail est prêt et attend ses instructions. Le moniteur commence par présenter le travail de la journée. "Les travailleurs sont répartis en trois groupes : un pour les poulets, un pour les poussins et un pour les escargots. Les travailleurs sont presque toujours affectés aux mêmes ateliers et aux mêmes groupes. Ils ont besoin de s'identifier à un travail précis, ça les sécurise et leur donne un cadre."

Le moniteur a la responsabilité de la productivité de l'atelier. C'est lui qui décide ce qu'il y a à faire, dans quel ordre et qui peut faire quoi. Il doit adapter les tâches à effectuer en fonction des capacités de chacun.

Le moniteur d'atelier a une mission éducative, il doit aider les travailleurs à réaliser les projets éducatifs définis avec eux chaque année, tels qu'apprendre à conduite un tracteur par exemple pour ceux qui en sont capables.

Par ailleurs, lorsqu'un nouveau travailleur arrive à l’ESAT, le moniteur d'atelier doit d'abord l'évaluer pour ensuite lui proposer des choses en rapport avec ses possibilités. "Il doit alors passer beaucoup de temps à lui enseigner les bases du travail. Il doit se montrer d'une grande patience car il doit souvent se répéter."

- 8 heure 20, le moniteur lance le travail.

"Prenons l'exemple du groupe qui s'occupe des poulets, propose Stéphane. Ils commencent par "ramasser" les poulets dans les poulaillers, c'est- à -dire qu'ils doivent les attraper, ce qui n'est pas toujours évident. Après une pause vers 10h, ils désonglent les poulets, leur posent une bague et les mettent dans des cages pour les engraisser."

Une fois les groupes au travail, le moniteur d'atelier fait, pendant une demi-heure environ, le point avec l'éducateur technique spécialisé. Ils voient ensemble les problèmes de comportement, de ponctualité, de productivité...

Jusqu'à midi, le moniteur d'atelier fait le tour des différents groupes et n'hésite pas à participer. "Le moniteur d'atelier n'encadre pas seulement le travail. Nous sommes dans un milieu rural et beaucoup de nos travailleurs viennent du secteur agricole. Pour être respecter et crédible, le moniteur doit travailler avec eux. Le moniteur d'atelier continue d'ailleurs à exercer des fonctions très techniques. C'est lui, par exemple, qui assure le semis."

Au cours de la journée, le moniteur d'atelier peut être confronté à des incidents. Une crise peut toujours éclater. C'est ce qui est arrivé à un des travailleurs quelques jours auparavant. "Le travailleur s'est mis à insulter tout le monde et à devenir agressif. Lorsque ce type d'incident survient, le moniteur doit rassurer le groupe complètement déstabilisé et isoler la personne pour la calmer. Il voit avec elle si elle peut reprendre le travail. Si jamais la situation ne s'améliore pas, le moniteur vient dans mon bureau me faire un compte-rendu et discuter, accompagné du travailleur."

Le moniteur d'atelier est responsable de la sécurité de son atelier. Il doit toujours veiller à cadrer les travailleurs. "Il doit à la fois être ferme et compréhensif. C'est dans une situation de ce genre que le CQMA (Certificat de Qualification de Moniteur d'Atelier) peut être très utile. Il n'est pas obligatoire pour exercer. Mais nous faisons en sorte chez nous que tout le monde parte en formation. Cette formation permet de mieux connaître et de comprendre les maladies mentales, d'avoir des notions de psychologie et de droit pour savoir où s'arrête la responsabilité du moniteur d'atelier."

Par contre, en cas de problème médical, par exemple une crise d'épilepsie, le moniteur d'atelier passe le relais à l'éducateur spécialisé d'hébergement. "Le travail du moniteur est vraiment d'encadrer les ateliers, il n'a pas à gérer les problèmes extérieurs à cette activité."

- A midi, c'est la pause déjeuner. Le moniteur d'atelier ne mange pas avec les travailleurs. Il les retrouvera vers 13h30 pour la reprise du travail. Il fait de nouveau le point avec eux. "L'après-midi, le moniteur prévoit des travaux plus légers que le matin, comme nettoyer les cages. Il prend du temps pour préparer ses prochaines journées. Il contacte les entreprises pour passer ses commandes régulières comme l'achat de graines ou d'engrais. Il n'a par contre pas le temps de s'occuper des autres activités commerciales même si cela fait partie théoriquement de ses attributions. Nous avons quelqu'un qui s'occupe uniquement de ça, c'est-à-dire faire le suivi des clients, trouver de nouvelles entreprises

Chaque année, chaque travailleur fait l'objet d'un bilan. L'équipe se réunit pour faire le point et fixer de nouveaux objectifs de progression en tenant compte des aspirations des travailleurs.

Compte tenu du nombre de travailleurs, le moniteur participe à deux bilans par semaine. "Le moniteur ne rédige pas lui-même le bilan, il rencontre l'éducateur spécialisé à qui il donne des éléments sur la ponctualité, le comportement, la productivité du travailleur."

- A 17 heure 15, le travail est terminé, les travailleurs et le moniteur rentrent.

En atelier, les travailleurs sont en situation de salariés traditionnels avec, bien sûr, une certaine tolérance due à leur handicap. Dans son travail quotidien, le moniteur d'atelier doit d'ailleurs toujours concilier une logique industrielle de productivité, car les entreprises clientes attendent le travail qui doit être fait correctement et dans les temps, et une logique sociale puisqu'il encadre des personnes handicapées. Il subit la pression de l'éducateur technique spécialisé, mais il ne doit pas la faire ressentir aux travailleurs. "En temps qu'éducateur technique spécialisé, j'ai une fonction plutôt de chef de service, j'encadre les moniteurs d'atelier. J'ai une orientation plus sociale qu'un moniteur."

"Devenir moniteur d'atelier, ce n'est pas forcément évident au départ. Nous venons tous du secteur technique et non pas du social. Nous commençons forcément avec une certaine peur du handicap. Mais ça s'estompe avec le temps, nous arrivons à la surmonter pour découvrir un métier très intéressant.

Nous sommes aussi confrontés à des échecs et des régressions lorsque les travailleurs vieillissent. Il faut alors réussir à prendre du recul, mais ce n'est pas facile, nous sommes forcément affectés. Une vraie relation se noue entre nous et les travailleurs.

Tiré du Site web http://www.mip-louha

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