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LE BLOG DU CAC-FORMATIONS

moniteurs d'ateliers

Quand EDF et ESAT se rencontrent...

3 Février 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle

C'est l'histoire d'une rencontre construite,réalisée et mise en scène par des ouvriers d'ESAT travaillant en Blanchisserie:. Les vêtements des employés d'ERDF sont nettoyés dans cette blanchisserie .Ce film a pour but d'inciter les personnels d'ERDF à confier le nettoyage de leur vêtements de travail à ces centres. Le thème du film est la rencontre, et nous avons choisit de la traiter sous forme de fiction.
Le film a été sélectionné au Festival Regards Croisés 2011 à Nîmes. Il a remporté le "Regard de Bronze" décerné par un jury constitué de professionnels du cinéma et de l'audiovisuel, et le prix "Jury jeunes" décerné par un jury d'étudiants en cinéma.
Lien vers "Regards Croisés" : expressions...

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Regards croisés de professionnels sur le travail protégé

2 Février 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #société

Regards croisés de professionnels au quotidien sur notre travail protégé... extraits...

une vidéo pleine de couleur et de pistes de réflexions... Moteur!

Extrait du webdocumentaire "Des Travailleurs presque ordinaires" de Justine Salvestroni et Guillaume Gendron.
"Des Travailleurs presque ordinaires" est le deuxième lauréat du Prix Santé / Citoyenneté 2012/2013 : prixsantecitoyennete.com

diffusé sur le webdoc de Libération.fr (http://www.liberation.fr posté par Pierre MATHIEU

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l'Insertion des Travailleurs Handicapés d'ESAT dans le métier de la restauration

2 Février 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Restauration

Histoire d'une expérience à suivre en ESAT à la Cafétéria LAFONTAINE à TROYES (10)... Un reportage plein de vies et d'envies.,d'expressions ,d'apprentissages ,des usagers,moniteurs et directeur.. au quotidien ...

diffusion YOU TUBE ANDICAT et APEI Foyer AUBOIS que nous remercions.

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Travailler en restauration collective en détachement ESAT

1 Février 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Restauration, #Moniteurs d'ateliers

L'hôpital Rothschild, en partenariat avec Relay H et l'Esat Berthier inaugure une cafétéria où la différence montre ses compétences ... Une expérience novatrice et enrichissante ..lieu de rencontre entre les salariés et patients.Une rencontre et des prestations de qualité où les travailleurs handicapés sont appréciés pour leurs compétences professionnelles formés aux métiers de la restauration collective.Formation professionnelle sur l'accueil,le service et le travail de cuisine collective . Un lien essentiel entre le travail protégé ,l'hôpital et l'entreprise privée...

vu sur You tube et posté par Carl que nous remercions .

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Zero defaut en Qualité ...un challenge en ESAT

1 Février 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers, #Reconnaissance professionnelle

Détachement extérieur :retour d'expérience
Détachement extérieur :retour d'expérience

Retour d'expérience autour des capacités d'adaptations de nos ESAT..hisotire d'une expérience de mise à disposition chez ESSILOR,temple de la Qualité par son activité et sa renommée internantionale. C'est là qu'on intégrez une équipe de travaiilleurs d'ESAT ,en prestations extérieures.

Retour sur une entreprise solidaire...

Essilor naît d’Essel et de Silor, deux entreprises, dont les origines remontent respectivement à 1849 et 1931, qui dominent l’optique-lunetterie française au milieu du XXe siècle. De cette double origine, le nouveau Groupe, créé en 1972, reçoit un inestimable héritage : des valeurs entrepreneuriales de confiance partagée, de respect et de valorisation des différences qui la rendent unique et favorisent l’esprit d’initiative, lui permettant d’être constamment en avance sur son temps.

Pour le Groupe, la culture d’entreprise passe donc par l’innovation qui conduit chaque jour le travail de ses collaborateurs et permet de continuer de créer les solutions qui changent la vie : invention du verre progressif, création du verre en matière plastique, mais aussi traitements des verres, outils de mesure de la vision de haute performance et désormais personnalisation de la correction visuelle…

La mission « mieux voir le monde » menée par Essilor, c'est-à-dire améliorer la vision des individus pour contribuer à rendre leur qualité de vie meilleure, est déjà présente dans les accords fondateurs du Groupe en 1972. Cette mission est avant tout le fruit d’une riche histoire, elle guide aujourd’hui encore les actions d’Essilor à travers le monde et annonce ce que le Groupe continue à faire pour demain....

Jean VERGNIAUX Directeur d'Etablissement

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Reportage au québec sur les Entreprises Adaptées

30 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers

Le québec a développer depuis 30 ans des entreprises adaptées inovantes ..mais regardons plutôt...

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La réinsertion professionnelle des handicapés psychiques

27 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers

Travailler donne le sentiment d’être comme les autres [lire interview ci-dessous]. C’est pourquoi le travail reste le meilleur vecteur de réinsertion. Nous avons visité trois structures qui aident des personnes ayant des problèmes psychiques importants à se réinsérer : le centre d’aide par le travail de l’Élan et deux entreprises d’insertion qui sont Treize voyages et SOTRES.

Toutes trois recherchent un retour vers le milieu ordinaire pour ces personnes. Un objectif très difficile à atteindre, ce qui est d’autant plus regrettable que 87 % des entreprises qui embauchent des handicapés sont satisfaites de leur choix. Néanmoins, grâce à ces structures, un certain nombre de personnes prises en charge repartent vers le milieu ordinaire et toutes apprennent à reprendre contact avec le monde du travail

Une récente enquête menée par l’association de santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris (ASM 13), a montré combien il était difficile de réinsérer les personnes handicapées psychiques : maladies invalidantes, regard social, peur des entreprises d’embaucher... Au final, seuls quelques malades échappent au milieu protégé. Et pourtant, explique Clément Bonnet, psychanalyste, responsable d’ASM 13 : « L’idée d’être guéri recouvre soit le fait de ne plus avoir à prendre de médicaments, soit le constat de pouvoir travailler »

Quels sont pour vous les principaux écueils à l’insertion professionnelle des personnes handicapées psychiques ou malades mentales ?

Ces écueils sont extrêmement nombreux et il suffit de reprendre le résultat d’une étude qui a concerné 130 000 patients schizophrènes en France, en 1998, pour constater l’importance des obstacles à l’insertion professionnelle. En effet, pour ces patients qui sont majoritairement des hommes, plutôt jeunes, célibataires et seuls, huit sur dix sont inactifs et moins d’un sur dix a une activité en milieu ordinaire (étude Quemada). Ces résultats sont donc particulièrement démonstratifs. Ces difficultés tiennent bien sûr aux incapacités de la personne. Il faut préciser que les troubles schizophréniques ont souvent de graves conséquences au niveau cognitif (attention, concentration, mémorisation) et surtout au niveau relationnel (inhibition ou familiarité, mauvaise distance, retraits, hostilité). Ajoutons à cela toutes les difficultés qui tiennent aux effets secondaires des médications : fatigue, instabilité, maladresse gestuelle, tremblements.
L’importance de ces incapacités explique à la fois la difficulté d’accéder au monde du travail mais aussi au monde des travailleurs. Il est donc fondamental de donner toute sa place aux soins pour limiter ces incapacités, en particulier aux soins de réadaptation qui, malheureusement, sont encore assez peu développés en France (on compte, guère plus de 20 ateliers thérapeutiques sur tout le territoire). Rappelons que les soins de réadaptation cherchent à répondre aux incapacités. Dans le champ de la psychiatrie, les soins de réadaptation visent essentiellement à utiliser plusieurs médiations, dont le travail (en milieu rural ou industriel), qui peut être un très bon support pour amener à la possibilité de réaménagement psychique chez le patient lui permettant de réinvestir sa réalité interne et externe en particulier dans le cadre de thérapie de groupe. Il faut dire que, faute de soins de réadaptation, trop souvent des patients sont conduits à entreprendre des démarches pour une activité professionnelle alors que leur pathologie est encore trop active et que l’échec est dès lors constant.
D’autres écueils tiennent évidemment aux conditions d’accès au travail, à l’environnement professionnel. Il faut relever, en particulier, que les exigences professionnelles trop fortes, écartent les plus fragiles ; à ce titre, il faut dire que le travail à mi-temps est particulièrement intéressant pour les personnes qui souffrent de troubles psychiques. N’oublions pas également toutes les représentations sociales autour de la folie, autour des travailleurs handicapés qui compliquent bien évidemment les conditions d’accueil dans les milieux professionnels, quand elles font circuler des images de dangerosité. Relevons que les évolutions dans ce domaine sont assez nettes puisqu’actuellement les entreprises qui emploient des salariés handicapés sont satisfaites de leur choix dans 87 % des cas.

Pour ceux justement qui tentent de surmonter ces difficultés, quel regard portent-ils sur le retour au travail ?

À partir d’une enquête réalisée dans l’ASM 13, qui a concerné vingt patients souffrant de schizophrénie, nous avons pu constater que ces patients considèrent le travail selon deux registres principaux : soit le travail est considéré comme pouvant faire du bien : il joue alors une fonction de support social, donne une sensation de maintien d’une cohérence, de protection contre un trouble auquel il ne faut pas laisser le terrain libre, qu’il faut savoir canaliser. L’investissement du travail permet également à ces personnes de mettre à distance le vécu délirant et hallucinatoire et de se sentir moins agité. Ceci explique que vouloir travailler, c’est vouloir faire comme les autres et être comme les autres, d’autant que l’accès à un travail est souvent le signe d’une amélioration, le résultat d’un effort. Précisons que l’idée d’être « guéri » recouvre soit le fait de ne plus avoir à prendre de médicaments, soit le constat de pouvoir travailler.
Soit, le travail est considéré comme pouvant faire du mal. Le travail est vécu comme inaccessible du fait des troubles de la pensée et de la cognition, des difficultés de relation avec les autres, du manque de contrôle et de confiance. Il devient une sorte de déclencheur d’un processus morbide qu’il serait impossible de maîtriser. Les tentatives de travail se soldent par des échecs, se traduisent par des vécus douloureux, des arrêts de travail, des renoncements et souvent une vie sans travail. Cette vie sans travail est vécue de façon pénible mais parfois avec un certain soulagement, une sorte de délivrance.

Peut-on en déduire que pour eux le milieu dit protégé est préférable au milieu ordinaire ?

Nous avons vu que seulement un travailleur handicapé sur dix ayant une activité professionnelle l’exerce en milieu ordinaire. C’est dire l’extrême difficulté de cette modalité d’insertion qui représente pour nous tous un idéal d’intégration, de non-ségrégation. Il faut préciser que le milieu ordinaire est plus accessible pour les travailleurs handicapés qui sont plus jeunes, qui ont vécu moins d’hospitalisations avec des durées réduites et qui ont un niveau scolaire Bac ou plus, qui respectent leurs traitements et sont très autonomes. Le travail en milieu protégé est particulièrement bien adapté pour des travailleurs handicapés qui n’ont eu aucune formation professionnelle, qui n’ont jamais accédé au monde du travail et peuvent bénéficier de ces structures de travail où la dimension du soutien et de l’accompagnement est toujours présente (ceci permettant l’accueil de travailleurs productifs dont les difficultés psycho pathologiques interdiraient tout accès au milieu de travail ordinaire). L’autonomie sociale de ces travailleurs est aussi beaucoup plus réduite, certains bénéficiant de mesures de protection. Les passages du milieu protégé au milieu ordinaire restent malheureusement faibles (environ 2 %) malgré des dispositifs souvent ingénieux et des accompagnements adaptés. Ces travailleurs ont des difficultés relationnelles qui les empêchent de s’adapter à des changements et à d’autres environnements plus exigeants. Le milieu protégé est vécu comme protecteur et rassurant.

Les traitements thérapeutiques peuvent-ils aider ou freiner cette réinsertion par le travail ?

Les traitements médicamenteux sont d’une aide indispensable le plus souvent en permettant au travailleur handicapé de se sentir moins angoissé, moins dépressif ou moins menacé. Le traitement peut permettre également un meilleur contrôle des moments de désorganisation interne, ou de déséquilibre de l’humeur et des troubles de l’attention.
À l’inverse, certains traitements peuvent être gênants quand ils entraînent une grande fatigabilité, des troubles de vigilance, une maladresse gestuelle ou une impatience qui empêche de rester au poste de travail.
Le plus souvent, les travailleurs concernés souffrent de leurs troubles depuis de nombreuses années et les traitements sont bien équilibrés.

Les moyens publics — financiers et autres — mis en œuvre pour cette réinsertion vous semblent-ils à la hauteur des besoins nécessaires pour réaliser dans les meilleures conditions cette réinsertion ?

Il est possible de faire beaucoup mieux car, comme nous l’avons dit, les résultats actuels sont très décevants pour les travailleurs handicapés psychiques. Il faudrait que soient possible des stages y compris non rémunérés en entreprise pour des durées limitées dans le cadre de mi-temps, ceux-ci pourraient redonner un peu d’espoir aux personnes, leur faire découvrir le milieu professionnel et changer le regard des travailleurs.
Il faut aussi développer toutes les mesures d’accompagnement et de tutorat en milieu ordinaire et faciliter l’ouverture du milieu protégé sur le milieu ordinaire.

Publié sur Lien social Propos recueillis par Guy Benloulou

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ESAT hors Murs:Un contact permanent avec le monde du travail

26 Janvier 2015 , Rédigé par CAC-FORMATIONS Publié dans #Moniteurs d'ateliers

Une journée avec Yannick Delheure, conseiller en économie sociale et familiale et référent à l’ESAT hors murs de l’Adapt Paris.

Yannick Delheure, conseiller en économie sociale et familiale, travaille à l’ESAT hors-murs de l’Adapt de Paris depuis son ouverture il y a deux ans. L’établissement parisien accueille quarante travailleurs handicapés souhaitant travailler en milieu ordinaire. 60 % d’entre eux présentent des troubles psychiques - dépression, psychose, etc. L’équipe est constituée de travailleurs sociaux essentiellement, il n’y a pas de moniteur d’atelier puisque l’établissement n’a pas de production interne. « Tous les membres de l’équipe ont une double casquette, en plus d’être chargé d’insertion ou ergothérapeute, nous avons une fonction de référent auprès d’une dizaine de bénéficiaires », explique Yannick Delheure. Ce jour-là, en réunion d’équipe, il doit justement présenter à ses collègues la situation d’une personne qu’il suit, Fadila , pour qui il envisage une évolution du poste de travail. Tous les bénéficiaires, après une phase d’évaluation et quelques stages, sont mis à disposition en entreprise.

Réunion d’équipe

Yannick rappelle à ses collègues le parcours de Fadila : une arrivée dans la structure après une expérience de cinq ans en atelier protégé, une bonne progression depuis son admission avec trois stages, un projet de devenir agent d’accueil, et une mise à disposition depuis quatre mois chez KST, une société de gestion immobilière. « La mise à disposition se passe très bien, Fadila maîtrise bien le tri, l’affranchissement et la distribution du courrier et souhaiterait intégrer la fonction d’accueil téléphonique et physique. Mais elle a peur de ne pas pouvoir gérer un si grand nombre d’appels, renvoyer sur le bon service et répondre aux questions. » S’ensuit plusieurs propositions des membres de l’équipe : lui faire commencer d’abord par l’accueil physique, moins stressant, mettre à sa disposition un trombinoscope des salariés de l’entreprise, la former à la gestion du stress et de l’agressivité - la psychologue de l’ESAT peut s’en charger - la faire accompagner sur le terrain par une formatrice du réseau Adapt, spécialiste de la relation-client. Yannick prend note, justement il doit rencontrer cet après-midi le tuteur de Fadila pour lui expliquer tout ça.

Rôle du référent

Le rôle du référent est d’accompagner la personne tout au long de son parcours dans l’ESAT et de faire le lien entre le bénéficiaire, l’équipe et l’entreprise. Il rencontre les collègues, les informe sur les difficultés et les besoins de la personne. Il doit négocier une mise à disposition réaliste en termes de tâches et d’horaires pour ne pas mettre la personne en échec. « Les entreprises ont parfois des exigences trop hautes, pensent que la personne va être opérationnelle tout de suite, ont tendance à vouloir précipiter les choses. » La dimension commerciale n’est pas toujours évidente à gérer. « Je suis avant tout travailleur social et je préfère perdre un contrat que de mettre un bénéficiaire en difficulté. » En cas de problème signalé par l’entreprise l’ESAT doit réagir rapidement : « Par exemple, chercher à comprendre la cause de retards répétés et soudains, voir si la charge de travail n’est pas trop importante, s’il ne faut pas réduire les horaires, comme ce fut le cas pour Fadila. » Quand la mise à disposition se passe bien et que le CDI est négociable, là encore le référent doit être vigilant : « Il faut être sûr que cela va se concrétiser et à quel moment avant d’en parler au salarié, car un simple report de signature de contrat peut le déstabiliser et le faire décompenser. »

Travail en équipe

La réunion d’équipe se poursuit et Yannick Delheure termine sur la situation de Fadila : « Sur le plan personnel, de bonnes nouvelles également puisqu’elle a eu une proposition de logement HLM et va l’accepter. L’appartement est situé à proximité de chez ses parents où elle vivait jusqu’à maintenant. » Le référent a orienté Fadila vers l’assistante sociale du CMP pour qu’elle obtienne des aides à l’achat de meubles, et lui a conseillé de rencontrer la psychologue du CMP pour parler de ce changement important. « Je vais voir en effet si cela ne fait pas trop d’un coup à gérer pour elle, un nouveau boulot et un premier appartement, à quarante-quatre ans », indique la psychologue.
« Le travail en équipe est important et nos fonctions sont complémentaires, estime Yannick Delheure. Les bénéficiaires rencontrent la chargée d’insertion pour une recherche de stage, l’ergothérapeute pour un aménagement de poste, la psychologue si on constate une difficulté comme ici pour Fadila - ou moi-même, le CESF, pour une problématique de surendettement par exemple. » Le CESF organise également des ateliers collectifs : cuisine et repas en commun, santé, gestion d’un budget, vie relationnelle. « J’ai fait par exemple un atelier sur les démarches à prévoir quand on entre dans un nouveau logement : prendre une assurance, souscrire un contrat EDF, qui va bientôt servir à Fadila. »

Visite en entreprise

Après la réunion, Yannick Delheure se rend dans le 8è arrondissement, à la société KST où travaille Fadila. Il a rendez-vous avec son tuteur, agent de biens immobiliers, qui le reçoit dans son bureau spacieux et capitonné. « Nous sommes tout à fait satisfaits de Fadila, tant sur le plan professionnel que personnel, elle est posée, discrète et fait bien son travail, donc nous sommes prêts à renouveler son contrat pour une période de trois mois », commence le tuteur. Yannick lui fait part du souhait de Fadila de faire de l’accueil physique et téléphonique, mais également de ses réticences face à cette nouvelle tâche. « Il est vrai que le standard n’est pas un poste évident, il faut bien connaître la société, et les gens sont parfois agressifs, mais l’accueil physique présente d’autres difficultés, car les demandes sont très diverses, un huissier, un ouvrier qui vient chercher des clés, c’est imprévisible », explique le tuteur.
La discussion se poursuit pour convenir d’une stratégie. Il est finalement décidé, en accord avec sa collègue directe, que Fadila sera formée par l’ESAT à l’accueil téléphonique, et prendra le temps de bien observer sa collègue au standard, avant de prendre elle-même quelques appels. Yannick Delheure en fait le compte rendu à l’intéressée, lui demande si ça lui convient et la rassure sur différents points. Fadila montre à son référent comment elle utilise la nouvelle machine à affranchir, très calme et concentrée, elle relit ses notes pour ne pas se tromper. « J’aime bien ce métier car on a le temps de voir évoluer les gens, confie le référent. Il y a aussi des périodes de régression, quand un stage se passe mal par exemple, la personne perd confiance en elle, se néglige et il faut l’aider à repartir sur autre chose. » C’est arrivé avec Fadila, elle a fait un stage chez un fleuriste, s’est rendue compte de la pénibilité physique de ce travail et a renoncé à ce projet. « Mais c’est bien que les gens puissent en faire eux-mêmes l’expérience. »
« C’est un poste atypique mais c’est ce qui me plaît, la double casquette CESF et référent, l’aspect hors murs, le contact avec le monde du travail, j’aime discuter avec les tuteurs, faire changer les préjugés sur le handicap psychique », conclut Yannick.

Publié sur Lien social ,Mariette Kammerer

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